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Café littéraire de Lambersart !

Les coups de coeur policiers de Pierre Chahna

Craig Johnson – James Lee Burke – Henning Mankell – Deon Meyer – Terry Hayes

 

johnson-c-johnson-54cf3d17f31aePierre Chahna a lu et adoré (presque) tous les Craig Johnson. Ce qu’il aime, c’est que l’auteur ne se prend pas pour un intellectuel et que le personnage principal, le shérif Walt Longmire, a beaucoup d’épaisseur. Pour Pierre, Johnson a la classe d’Hemingway, de Steinbeck. Ses romans sont édités en français chez Gallmeister. Ils sont écrits à la première personne. Ça se passe dans le Wyoming ; Walt a un copain Cheyenne ; on voit sa fille grandir… « On y est, tu lis deux phrases et tu sais la tête du type, comment il est habillé, le temps qu’il fait ; en très peu de mots l’auteur fait deviner les paysages, la voiture cabossée…» Walt est un ancien du Vietnam, il est un peu désabusé, mélancolique. Pierre précise qu’il faut lire les romans dans l’ordre de parution pour les apprécier pleinement. Voir ce bon article de l’Obs.

indexPierre recommande également James Lee Burke, autre auteur de romans policiers, américain comme son chapeau à lui aussi l’indique. « Les personnages ont beaucoup de consistance », explique Pierre qui n’a pas encore tout lu mais ça pourrait venir ! Burke est édité en français chez Payot & Rivages.

Dans la série « vieux machins », Pierre adore aussi les histoires du commissaire Wallander par 12107282_901637713238966_7271173100868456476_nHenning Mankell. « La seule fois où il tire sur quelqu’un, il fait une dépression, dit-il… C’est un anti-héros, qui a aussi une belle épaisseur ». On les trouve en français au Seuil et en poche au Cercle Points. Et les Mankell aussi, Pierre recommande de les lire dans l’ordre.

indexEnfin, il y a encore Deon Meyer, des romans policiers et d’espionnage qui se passent en Afrique du Sud. Ils sont écrits en afrikaans et publiés en français au Seuil et en poche au Cercle Points. Pierre aime beaucoup.

Dans la foulée, il recommande aussi Je suis pilgrim de Terry Hayes, dont vous avez déjà pu lire la critique sur ce blog, ici (par François Lechat).

Voilà pour faire un peu avancer la cause du roman policier !

Cathcaf


« La femme sur l’escalier »

Par François Lechat

Bernhard Schlink, La femme sur l’escalier, Gallimard, 2016

product_9782070148356_195x320Si vous avez lu Le liseur, le premier roman de Bernhard Schlink, La femme sur l’escalier va sans doute vous décevoir ; si vous avez aimé La femme sur l’escalier, précipitez-vous sur Le liseur. C’est que, dans les deux romans, la trame est semblable : une femme forte, belle, intrigante, parfois dure et cynique en raison des circonstances, fait face à un héros plein de bonne volonté, moral et raisonné, fasciné par cette créature qui, à l’évidence, possède une tout autre expérience de la vie. Mais là où, dans Le liseur, cette trame s’inscrit dans l’Histoire (le nazisme, le procès de Nuremberg, le gouffre entre les classes sociales), elle sert dans La femme sur l’escalier à raconter des histoires, celles de trois bourgeois amoureux de la même égérie. Le début est brillant, la fin est réussie même si elle ne surprend pas, mais l’ensemble, très soigné, manque de force et de folie, comme si Bernhard Schlink ne parvenait pas à se départir de ses bonnes manières de juriste allemand. A lire, surtout, si l’on croit qu’une femme – celle qui donne son sens au titre – mérite qu’on lui sacrifie sa carrière.


Nos lectures d’août 2016

Lib Le BleuetOdile et Paul ont évoqué leur librairie préférée du Midi, Le Bleuet, à Banon. [Cliquez sur les images pour les agrandir.] Ce sont trois maisons dans lesquelles Paul se perd, et c’est visiblement un plaisir !  carte BanonOn y vient de très loin, c’est bien aménagé et on peut feuilleter les livres mais – et c’est un grand regret pour Paul – il n’y a pas d’ouvrage sur les chauve-souris ! Paul est un admirateur de Clément Ader qui, pour voler, avait pris exemple sur les chauves-souris… Et hop ! Il se met à dessiner une chauve-souris pendant qu’on discute. Paul aurait pu être un surréaliste belge. Mais, au fond, peut-être en est-il un sans le dire ?

bm_11969_657801Il nous a parlé de Nous serons comme des dieux, d’Eve de Castro (Albin Michel). Le Régent, Philippe d’Orléans est un débauché. Il n’est pas le roi, il n’a pas ses devoirs. Le livre se déroule dans une ambiance de passions dans laquelle on sent déjà la Révolution. Un excellent livre qui nous fait respirer l’air des débuts du XVIIIe s., un siècle opulent, encore riche, jouisseur, qui va devoir finir. Odile ajoute que l’écriture est très belle.

9782266263658Odile a lu avec délectation La petit boulangère du bout du monde, de Jenny Colgan (Pocket) : un vrai doudou ! Une jeune femme qui ne va pas très bien part en vacances sur une petite île. Elle trouve un logement chez une boulangère. Rencontres farfelues, petits bonheurs… dans une ambiance de beaux paysages (un parfum d’Angleterre), et l’espoir, celui d’un redressement.

9782266233644Agnès nous a parlé de ce livre qu’elle a beaucoup aimé, Le Montespan, dont elle a fait une critique pour ce blog → ici. Elle a lu également Le Diable sur les épaules, de Christian Carayon (Pocket). Ce thriller se déroule dans un village où une jeune femme vient d’être nommée instit’. Des meurtres sont perpétrés, dont l’auteur ne laisse ni traces ni indices. L’instit’ demande de l’aide à un de ses anciens amoureux… Bien écrit, agréable, un bon moment ! nous dit Agnès.

Odile en profite pour dire qu’à son avis, pour connaître un pays, il faut lire les polars locaux ! Paul est d’accord. Comment mieux connaître l’Angleterre, par exemple, qu’avec la Miss Marple d’Agatha Christie  ? Lire la suite « Nos lectures d’août 2016 »

« Intempérie »

Par Omer Saint-Jules

Intempérie de Jesús CARRASCO, R. Laffont, 2015 trad° de Marie Vila Casas

Qu’est-ce qu’une pensée ? Celle de l’enfant qui prend conscience de ce qu’il découvre, ou alors du vieillard qui décide d’en finir avec ses réticences. C’est un peu l’impression qu’on éprouve en ayant lu ce livre.

9782221156100C’est un livre qui ne m’a pas laissé le temps d’y penser en le lisant, contraint que je me suis trouvé dès l’avoir ouvert d’en terminer sa lecture au plus vite. Pas pour m’en débarrasser. Quand j’ouvre un ouvrage qui ne me retient pas dès les premiers mots que j’y repère, je le referme sans plus de précaution. Ici l’esprit est mis en alerte, il halète à son tour, pris dans les apparences d’un manège de fête foraine où l’on tourne la tête pour voir si on reconnaît quelqu’un ou si on vous y reconnaît. Personne. On feuillette rapidement. Pas un nom. Pas un prénom.

Dans les cent premières pages, mais oui, déjà, comme avalées, ingurgitées même, deux personnages évoluent dans un paysage désertique comme on en trouve dans les périodes de sécheresse de la péninsule ibérique : un enfant, encore appelé le garçon, et un berger, ou plutôt un chevrier. D’autres surgiront dans la suite de l’histoire : un alguazil et ses deux sbires, puis un cul-de-jatte. La fragilité de l’intrigue est à la mesure de ce que la réalité qu’elle suggère peut avoir d’incommensurable ; un lecteur méthodique en fait rapidement l’analyse mais s’interdit dans tirer les conclusions avant de les avoir sous les yeux. On poussera donc la lecture jusqu’à son terme sans avoir pris le temps d’une pause.


Coup de coeur pour « Purity »

Par François Lechat

Jonathan Franzen, Purity, Ed. de l’Olivier, 2016

111260_couverture_Hres_0J’ai hésité à décerner un coup de cœur au dernier Jonathan Franzen, car ce livre est plutôt un coup de poing. Mais on a beau en sortir épuisé, impossible de nier son talent : c’est du très grand art ! Qui commence pourtant sur un mode mineur, avec un premier (long) chapitre dont on se demande bien où il doit nous conduire, question à laquelle le deuxième (long) chapitre ne répond que partiellement. En fait, tout s’emboîtera peu à peu, de sorte qu’il faut se laisser embarquer : le personnage qui s’avérera principal, celui autour duquel les autres gravitent, aura l’honneur d’un chapitre rédigé à la première personne, le seul dans ce cas, qui commence page 421… Ne vous laissez pas effrayer pour autant : s’il demande un esprit de marathonien, ce roman est passionnant, fort, riche, d’une intelligence redoutable, avec un étonnant parallèle, vers la fin, entre l’Allemagne de l’Est et le fonctionnement des réseaux sociaux. Mais aussi des thèmes plus classiques : la culpabilité, les carences affectives, le désaccord entre le sexe et les sentiments, la recherche d’identité, l’oppression des femmes, l’impossibilité de la transparence, l’indéfectibilité de l’amour (maternel ou de jeunesse), la dépendance à l’argent, la pratique du journalisme, et j’en passe. Si vous trouvez que Dostoïevski doit être remis au goût du jour et que Nabokov manque d’audace, ce roman est pour vous – et il est moins noir qu’il n’y paraît, comme en témoigne sa très jolie fin.


« Le Montespan »

Par Agnès Huynh

Le Montespan, Jean Teulé, Julliard, 2008

Enfin un roman qui me réconcilie avec mes lectures estivales. Elles sont peu nombreuses celles qui m’ont accrochée, et ce livre en fait partie.

9782260017752Par où commencer ? Par Mme de Montespan, bien sûr, une des favorites du Roi Louis XIV qui sera ensuite remplacée par Mme de Maintenon.

C’est la vie de ce Marquis, un des « cocus » les plus célèbres de l’histoire de France que Jean Teulé nous raconte, dans une langue dynamique, parfois paillarde, mais toujours d’une lecture fluide et agréable.

Les quatre premières années de ce mariage sont celles d’un amour passionné entre les deux époux. Cependant le Marquis est toujours à court d’argent et va de déconvenues financières en échecs. Françoise Athénaïs se fait remarquer puis introduire à la cour du Roi. Au retour d’une campagne militaire peu reluisante, Montespan découvre sa femme enceinte des œuvres royales.

Alors qu’il aurait pu tirer avantage de cette situation, notamment pour redorer son blason, Louis-Henri entre en campagne contre le Roi. Il est successivement jeté en prison, condamné à l’exil, il risque la déportation à tout moment… Louis Henri ne cessera jamais de se battre pour reconquérir sa femme. Jusqu’à ajouter des cornes sur ses armoiries ainsi que sur son carrosse. Seul contre tous, il ne cèdera jamais.

Ce roman nous fait découvrir un homme au courage exemplaire, une femme superficielle abandonnant ses enfants légitimes. Une jolie façon de réhabiliter cet homme « humilié », anéanti et détruit par le destin de sa femme.

Un bon moment de lecture.


« Rose minuit »

Par François Lechat

Marina de Van, Rose minuit, Allia, 2016

book_737_image_coverScénariste de films fameux de François Ozon, Marina de Van confirme ici un certain goût pour l’intime, les névroses et la provocation. Ce roman très écrit met en scène un double affrontement entre un père vieillissant et sa fille, d’abord à l’initiative du premier, qui fait preuve d’un cynisme inouï à l’égard de celle qu’il accuse d’avoir provoqué le cancer de son épouse disparue, ensuite à l’initiative de la seconde, qui lui réplique sur le même terrain : obliger l’autre à raconter sa vie sexuelle et, ainsi, à touiller dans son passé, ses complexes, son enfance, ses frustrations, l’enfer de la vie conjugale et familiale… Même s’il n’est pas à mettre entre toutes les mains, ce roman offre d’abord une remarquable analyse psychologique qui donne tout son sens à ce qui, sinon, passerait pour du voyeurisme. Sartre disait : « Il n’y a pas de bon père, c’est la règle, le lien de paternité est pourri. » Ce n’est pas une fatalité, et ce roman le montre entre les lignes, car tout aurait pu bifurquer si le père n’avait pas été lui-même si abîmé par la violence de son propre géniteur. Rose minuit, ou comment ne pas perpétuer le mal qu’on nous a fait ?


« Les lieux sombres »

Par Catherine Chahnazarian

Gillian Flynn, Les lieux sombres, Sonatine (2010) –> Livre de Poche (*)

bm_1653_589316En exergue, une comptine. Très bizarre. Et puis on se retrouve avec un des personnages de cette comptine. Elle s’appelle Libby, et ce qui la caractérise – outre ce qui lui est arrivé un jour de janvier 1985 quand elle avait sept ans – c’est qu’elle est sans illusion sur elle-même. Son regard âpre sur sa propre personnalité et sur ses actions, sur les gens et sur les moindres conversations, donne au roman un réalisme cruel. Au fil des chapitres, nous apprendrons tout ce qui s’est passé « ce jour-là ». D’une part parce que l’auteur nous le raconte ; d’autre part parce que Libby mène une enquête pour le comprendre. La construction du roman est géniale : le fil narratif n’en finit pas de se dérouler et chaque chapitre se termine sur une interrogation indécidable ou un suspense prenant, jusqu’à la toute fin. On s’attache à Libby – malgré elle, dirais-je, – et on accepte d’être plongé dans le glauque, comme elle, pour comprendre. Un très bon thriller qui se situe dans l’Amérique profonde.

Gillian Flynn a également écrit Les apparences et Sur ma peau.

Le site de l’auteure est ici. J’attends son prochain roman : Nous allons mourir ce soir, à paraître en novembre 2016.

(*) Le titre du roman ne me paraît déjà pas très frappant ; en plus Le Livre de Poche propose en couverture une représentation du personnage de Libby que je trouve tout à fait inadaptée. En outre, la version Poche que j’ai acquise assez récemment est assortie d’une autre couverture (bien meilleure)… Je ne sais laquelle est la dernière en date ; c’est pourquoi je ne reprends dans cet article que la couverture de Sonatine.


« Sens dessus dessous »

Par François Lechat

Milena Agus, Sens dessus dessous, Liana Levi, 2016.

v_book_560Les inconditionnels de Milena Agus, dont je suis, retrouveront sa patte dans ce nouveau roman : même longueur, même éditeur, même sens du farfelu, du poétique et de l’inattendu, avec toujours des personnages décalés, obstinés, décidés à trouver l’amour et le bonheur que la vie semble devoir leur refuser. Avec, une fois encore, quelques percées érotiques surprenantes de la part d’héroïnes vivant en Sardaigne, où la femme semble devoir être plus réservée. Pour autant, ce n’est pas le roman le plus accompli de l’auteure : il faut un peu de temps pour que l’intrigue se noue, que les surprises arrivent, que la poésie se mette à rôder, et la dimension érotique est moins réussie. On sentait plus de folie et un plus grand travail du style dans ses livres précédents – même si celui-ci reste bien supérieur au tout-venant actuel, et constitue une jolie lecture d’été.


« Hôtels littéraires »

Par Michel Campo

Hôtels littéraires, Voyage autour de la terre de Nathalie H. de Saint Phalle, Ed. Denoel, 2005

Il s’agit d’un recueil très documenté d’anecdotes par ordre alphabétique. Deux ou trois pages par auteur, remplies de détails biographiques que nous ignorons pour beaucoup d’entre eux. L’auteure a sans doute beaucoup travaillé pour réunir tout ça ! C’est un très bon livre de chevet… On peut en déguster un petit bout tous les soirs.

Présentation1

Pour un grand nombre d’entre eux (excepté en Suisse), j’ai connus ces hôtels, visités, appréciés, admirés, parfois oubliés. Je suis encore et toujours attiré, aspiré en quelque sorte par les mystères qu’ils recèlent, les histoires qu’ils murmurent, les rumeurs dont ils font l’objet, les parfums qu’ils dispersent, et cette indéfinissable ambiance que les années ont fini par créer, comme un voile sur la toile d’un peintre. Certains ont acquis une élégante noblesse après toutes ces années, incitant le visiteur à se mouvoir avec une pointe de recueillement.

product_9782207257234_195x320À aucun moment, je ne m’étais intéressé à leur destin littéraire et, à mon grand regret, je n’avais pu emboîter mes pas dans ceux de leurs illustres ou anonymes hôtes. Ce livre fut mon guide.

Aujourd’hui, j’ai terminé provisoirement mon chemin, guidé par Nathalie. J’ai traversé couloirs, galeries, salons, alcôves, patios et toutes ces chambres parcourues de passions dévorantes, éphémères ou définitives parfois  on s’y suicide beaucoup), témoins d’excès en tous genres (alcools, drogues, médecines fatales, fêtes sans limites) mais aussi dernières étapes de maladies incurables de l’époque ou écrins de créations et compositions frénétiques ciselées en une comme en cent nuits d’insomnies où les dernières lignes rédigées signifiaient et emportaient parfois les dernières forces de l’auteur.

Vingt jours de voyage pour se rendre de Paris à Venise. L’époque cachait les frontières bien au delà de nos horizons. Elle encourageait les rêves de possession, exaspérait les désirs, sublimait les inspirations, exaltait les passions naissantes. Lire la suite « « Hôtels littéraires » »

Que lire ? Les titres qui tentent François Lechat pour cet été

Ce sont toutes des parutions toutes récentes…

  • 111260_couverture_Hres_0Jonathan Franzen, Purity, parce que l’été donne le temps de découvrir ce pavé d’un des maîtres américains, dont l’histoire est tortueuse à souhait (j’en suis au premier tiers). (Ce livre figure aussi sur la liste d’Agnès Huynh.)
  • Guillaume Musso, La Fille de Brooklyn, parce que les critiques disent que c’est le meilleur Musso, idéal pour la détente. (Lire la critique de Catherine Chahnazarian ici.)
  • Marina de Van, Rose Minuit, parce que cette histoire vénéneuse doit être parfaite pour une nuit de forte chaleur.
  • product_9782070145461_195x320Elena Ferrante, Le Nouveau Nom, parce que c’est la suite de L’Amie prodigieuse, cette superbe tranche de vie napolitaine située dans les années 50. (Ce livre figure aussi sur la liste d’Agnès Huynh.)
  • Chuck Palahniuk, Orgasme, parce qu’en été, à l’abri du regard des enfants, on peut s’autoriser un livre qui dénonce l’hyper-capitalisme en détournant Cinquante nuances de Grey et Le Déclic.
  • Bernhard Schlink, La Femme sur l’escalier, parce que le dernier ouvrage de l’auteur du Liseur semble répondre à ce qu’on attend de lui.
  • Milena Agus, Sens dessus dessous, parce que tous les courts romans de Milena Agus sont des merveilles de fantaisie et de sensualité.

Le prix Inter 2016 (et quelques autres)

7, de Tristan Garcia, chez Gallimard (2015)

product_9782070149889_195x320Un pavé de 600 pages dont les critiques disent grand bien. Un roman composé de 7 romans dont le fil conducteur semble être surtout le rapport ambigu des humains au réel. Mais les philosophes ne sont pas les seuls lecteurs visés : écriture romanesque, intrigue et suspens sont les mots-clés qui ressortent des commentaires.

124396_couverture_Hres_0L’article de France Inter a, en outre, le mérite de vous permettre d’en lire le début et de vous présenter les autres livres qui étaient en lice (dont vous pourrez aussi lire le début), parmi lesquels Le grand marin de Catherine Poulain (L’Olivier, 2016) qui a manqué le Prix Inter de peu mais qui avait obtenu le Prix des lecteurs de l’Express.

Et, tant que vous y êtes, pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil aux Prix de l’Académie française 2016 ? Cette année, on y retrouve Jean-Jacques Goldman pour la chanson et Stromae pour la francophonie… Entre autres ! car ils sont 68, il y en a pour tous les goûts : poésie, nouvelle, théâtre, essai, rayonnement de la langue française…

Cathcaf


Que lire ? Les titres qui tentent Agnès Huynh pour cet été :

  • Envoyée spéciale (Jean Echenoz)
  • La parole perdue (Frédéric Lenoir)
  • Le diable sur les épaules (Christian Carayon)
  • Le livre des Baltimore (Joël Dicker)
  • Le nouveau nom (Elena Ferrante)
  • Trois jours et une vie (Pierre Lemaître)
  • L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes (Karine Lambert)
  • Les âmes fortes (Giono)
  • Purity (Franzen)
  • Sur la route (Kerouac)
  • La nuit (Elie Wiesel)
  • Les intéressants (Meg Wolitzer)
  • Le mystère Henri Pick (Foentinos)

« L’Hôtel des possibles »

Par Brigitte Niquet

Élisabeth Saint-Michel – L’Hôtel des possibles – Le Riffle, 2016 – 279 pages – 17€

[Au moment de mettre cet article en ligne, le site de l’éditeur bogue dramatiquement, mais ce blog de l’auteure est en pleine forme.]

Lauréate du dernier prix du Café littéraire de Lambersart avec « Captifs », Élisabeth Saint- Michel, après un détour par les nouvelles [1], nous revient avec un nouveau roman dont la ob_edd3a1_premiere-couv-format-moyensuperbe couverture, signée Isys Kad, attire d’emblée l’attention : le personnage, qui se révélera être Jean-François, y apparaît dans un patchwork de couleurs chaudes qui pourrait évoquer aussi bien le soleil que l’enfer, et dans une attitude qui pourrait être celle du tourment comme celle de la jouissance. Il ne reste plus qu’à lire pour en savoir plus…

Pour commencer, histoire de décontenancer le lecteur, il n’est question que de deux femmes, Juliette (la narratrice) et Josy, tout aussi paumées l’une que l’autre, à cette différence près que Josy est accro aux jeux du Casino, dont elle sort régulièrement essorée, alors que Juliette… Juliette quoi, au fait ? Eh bien, on n’en saura pas plus pour l’instant, sauf que sa vie est en débandade. Et voilà qu’entre en scène Jean-François, qui a priori n’a rien à voir avec les deux filles et semble évoluer dans un univers parallèle (onirique?) pour le moins déconcertant. Les chapitres suivants se focalisent tantôt sur elles, tantôt sur lui, tandis que d’autres personnages secondaires viennent s’adjoindre au trio. Pour pimenter le tout, nous avons droit de-ci de-là à des extraits (hilarants pour qui aime ce genre d’humour au second degré) du « Petit guide essentiel des expériences négatives ». Tout cela va finir par s’agencer et les interactions entre les personnages vont se préciser, mais patience… pas tout de suite. On peut cependant dévoiler, sans déflorer le sujet, que l’interaction entre Juliette et Jean-François est à la fois essentielle et pour le moins… originale.

Vous n’avez rien compris ? C’est normal, c’est un livre qu’on ne raconte pas, il faut le lire, tout simplement, et se laisser prendre à son charme singulier. Il ne peut pas laisser indifférent. J’espère vous en avoir donné le goût.

[1]     Putain de dimanche ! Le Riffle 2012


ob_5a7007_1ere-de-couverture-putain-du-dimanche 9782296118300fCritiques de La Voix du Nord et de Nord Eclair sur Putain de dimanche !

Captifs était publié chez L’Harmattan.

L’Hôtel des possibles peut être commandé à Cultura ou sur le blog de l’auteure.


« Ô vous, frères humains »

Par Catherine Chahnazarian

Ô vous, frères humains, Luz, Futuropolis (2016)

Ô vous, frères humains est d’abord une oeuvre d’Albert Cohen (1895-1981), parue en 1972 et aujourd’hui disponible en Folio. Pas besoin d’aller bien loin pour comprendre de quoi il s’agit : «Un enfant juif rencontre la haine le jour de ses dix ans. J’ai été cet enfant», dit Albert Cohen pour présenter son livre.

9782754816434En 2015, Luz « constate que le petit Albert [est] toujours là ». La haine est toujours là. Alors, il dessine Albert Cohen, le vieux monsieur qui veut se dire, témoigner avant de mourir, il le dessine repensant à l’enfant qu’il a été, cet enfant de dix ans se prenant des injures dans la figure — au sens pictural comme au sens que vous aviez imaginé — et passant, disons, une très mauvaise journée d’anniversaire… car c’est cette journée qui est narrée de dessin en dessin.

Les symboliques sont faciles à comprendre ; elles n’en sont pas moins fortes. Comme Albert Cohen chiffonnant une page blanche qui l’agace de rester blanche puis redépliant la feuille et y découvrant son propre visage chiffonné.

J’ai trouvé les extraits de Cohen un peu trop longs, à la fin. Pour moi, c’était assez de montrer qu’un enfant qu’on injure est un enfant qu’on détruit, en qui on insuffle la haine et la violence — et c’est valable pour les enfants de toutes les origines. Mais les textes sur la haine sont remarquables.

Je ne connais pas le livre d’Albert Cohen, mais j’ai beaucoup aimé l’album de Luz.

On trouve, en outre, aux éditions Futuropolis, 27 albums inspirés d’auteurs ou de livres, dont La cavale du Dr Destouches, de C. Malavoy, P. et G. Brizzi, d’après l’oeuvre de Céline, ou Le vieil homme et la mer, de T. Murat, d’après le roman d’Hemingway…


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