Sous les pavés… l’ennui (3)

Entamons les 500 pages de La Déesse des petites victoires, de Yannick Granec.

Pour un premier roman, celle-ci a frappé fort. Elle nous raconte l’histoire d’Adèle, ou plutôt c’est Adèle elle-même qui raconte son histoire peu avant de mourir, l’histoire d’une femme qui vécut dans l’ombre d’un génie des mathématiques, Kurt Gödel, contemporain et ami d’Einstein, et en fut l’épouse adorante. Mais Gödel n’était pas seulement un génie, c’était aussi un fou, au sens clinique du terme, dont de nombreux séjours en hôpital psychiatrique ont émaillé la vie. On se demande bien (parfois, elle se le demande elle-même) ce qu’Adèle pouvait trouver à cet homme malingre, sale, malodorant, quasi impuissant, qui la traitait tantôt comme une serpillière tantôt comme une « maman » protectrice, qu’elle qualifiait elle-même « d’égoïste, infantile, paranoïaque » et que sa paranoïa finira par conduire à se laisser mourir d’anorexie de peur que sa nourriture n’ait été empoisonnée. Les compagnes des génies ont souvent bien du mérite, mais celle-ci devait être une sainte laïque, d’autant que, bien qu’intelligente et cultivée, elle n’a jamais compris un traître mot aux recherches de son époux et à la théorie de l’incomplétude qui a fait sa gloire. En un mot, elle a vécu le parcours d’une femme « confrontée toute sa vie à une équation impossible entre le génie, l’amour et la folie ».

En d’autres circonstances (Camille Claudel/Rodin, par exemple), je trouve ce thème passionnant, mais le génie mathématique étant particulièrement aride et l’écriture de l’auteur aussi peu flamboyante que possible, j’avoue être restée de glace à la lecture de ce livre que j’ai terminé difficilement, par pure honnêteté intellectuelle.

Brigitte Niquet

(à suivre)

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2 réflexions sur “Sous les pavés… l’ennui (3)

  1. Tant mieux, Zazy. Je crois que celui-ci, que j’ai lu en dernier cet été, a souffert de l’ennui généré par les 3 autres (eh oui, il y en a encore un à venir…) et que je l’ai abordé avec un préjugé défavorable. J’ai sans doute manqué d’objectivité, ce que j’ai cru percevoir en le feuilletant de nouveau avant d’écrire mon « billet d’humeur »… Tant pis, ce qui est écrit est écrit, mais votre réaction est bienvenue pour atténuer la portée de mes propos. En revanche, pour les billets 1 et 2, je persiste et signe !

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