Nos lectures de novembre 2013 : LES PELERINAGES et LES VOYAGES à pied, à vélo, à cheval ou à dos d’âne…

PREMIÈRE PARTIE DE LA RÉUNION – Témoignage de nos invités, Philippe et Françoise Watine, et chaleureux échange sur leur expérience :

Harissa_Madaba___5093a5309d91a-300x425Les Watine ont réalisé, en 2010, un périple de quatre semaines, à pied et sans assistance, de Notre-Dame du Liban à Jérusalem, en passant par le Sud-Ouest de la Syrie puis le Nord de la Jordanie, et en traversant les territoires palestiniens. Monastères, lac de Tibériade… Pas de tourisme mais une marche pour la paix, basée sur la visite des lieux saints des régions traversées ; une démarche symbolique, attentive aux rencontres, nourrie de dialogues inter-religieux. Logeant tantôt en auberge, tantôt chez l’habitant, Philippe et Françoise ont noté leurs impressions dans un journal qui est devenu un livre. Les droits d’auteur perçus pour Harissa Madaba, publié aux éditions Persée, sont entièrement convertis en dons pour les chrétiens de Syrie.

DEUXIÈME PARTIE DE LA RÉUNION – Livres présentés :

L’axe du loup, de la Sibérie à l’Inde sur les pas des évadés du Goulag, de Sylvain Tesson (Pocket); présenté par Lysiane.

Le périple de Tesson se calque sur celui qu’a relaté un officier Polonais qui se serait évadé d’un Goulag avec 6 camarades en 1939. Si la véracité de cette évasion et du voyage qui s’ensuivit est très controversée, il n’en demeure pas moins que Tesson a parcouru des milliers de kilomètres, de la Sibérie au Golfe du Bengale, en un voyage de huit mois, à pied, à cheval et à vélo !

axe du loup      remonter la marne

Remonter la Marne, de Jean-Paul Kauffmann (Fayard); présenté par Monique.

« Je voulais écrire, depuis longtemps, un livre sur la province française, mais je cherchais un fil rouge. Comment décrire cette France qui ne va jamais à Paris et qui s’en félicite. » (J.-P. Kauffmann). Le livre relate le voyage de sept semaines qu’a réalisé l’auteur, parti à pied de Charenton (banlieue sud de Paris) en remontant la Marne, et le retour par un service fluvial, non moins riche en rencontres… Rencontres avec des gens, parfois en marge (les « conjurateurs » − qui tentent de conjurer le mauvais sort), rencontre avec l’eau, rencontre avec l’histoire de France.

Immortelle randonnée, de Jean-Christophe Rufin (Guérin); présenté d’abord par Maggy puis commenté également par Gérard et Pierre.

Rufin prend le chemin espagnol de Compostelle (par Bilbao, etc.), non pour une punition mais pour s’imposer une épreuve volontaire. Très vite, il se rapproche des autres pèlerins « par la soif et les ampoules », se voit comme les Gueux de Soljenitsyne (à camper n’importe où, on ne peut pas toujours se laver), apprend que le pèlerinage est à la fois « oubli de l’âme » et « soumission au corps »… « pure extase ». Maggy soulève des détails qui l’ont touchée (le sac à dos qui s’allège de plus en plus, la canette de bière qui devient sa gamelle…). Gérard critique la démarche de l’auteur qui, pour lui, consiste à faire le chemin en marge et donc « pas vraiment le chemin » (pas de partage des repas avec d’autres pèlerins, par exemple) ; il regrette également des remarques négatives de la part de Rufin (notamment sur des lieux plus agréables et plus respectables que ce qu’il en dit). Pierre considère que l’humour sauve le livre (description amusante des dortoirs, allusions diverses).

ruffin.

Gérard nous fait ensuite part de sa propre expérience du pèlerinage de Compostelle, qu’il réalise de façon fragmentée − impatient de se lancer à nouveau sur la route.

Pierre mentionne deux livres qui lui sont « tombés des mains » : Le pèlerinage de Compostelle de Paul Coelho, qu’il voit comme un prétexte à des divagations mystiques ; Un amour de Camino, d’Audrey Ferraro, un « roman qui tient du guide du routard », abusant de points de suspension – et autres critiques.

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Journal de route en Cévennes, de Stevenson – oui, l’auteur de L’Ile au trésor et de Mister Jeckill et Mister Hyde. (Voir l’édition critique chez Decitre.) Le livre est présenté par Nicole.

C’est en 1878 que Stevenson a traversé les montagnes du Velay, du Gévaudan et des Cévennes, écrivant jour après jour son journal de route. Nicole a été frappée par le fil rouge que représente en quelque sorte l’ânesse avec laquelle Stevenson voyage (sur le dos de laquelle son bardas ne tient pas bien !) Il l’a achetée à quelqu’un qui pleurait en s’en séparant ; il est fâché car elle n’avance pas ; il la gourdine alors puis s’arme même d’un aiguillon pour obtenir de meilleurs résultats ; il se fiche de la blesser pourvu qu’elle avance… puis finit par s’y attacher et quand, son voyage terminé, il veut la revendre, il pleure à son tour ! Le récit est constitué de réflexions philosophiques et historiques, de descriptions géographiques des pays, villes et villages traversés. Il présente également un caractère ethnographique : Stevenson décrit des gens de l’époque, dans des pays parfois très reculés. Un livre « vite lu, agréable à lire et plein d’enseignements ».

Harold-Fry

La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry, de Rachel Joyce (Pocket); présenté par Catherine.

Un roman psychologique, so British !, avec sa dose d’absurde. Passionnant. Un mardi matin d’avril, Harold reçoit une lettre. C’est une dame avec qui il a travaillé, il y a vingt ans, qui lui écrit pour lui dire adieu, car elle se meurt d’un cancer dans un hospice tout au nord de l’Ecosse. Harold est bouleversé. Il lui répond mais ne peut se résoudre à jeter sa lettre dans la boîte aux lettres. Il va à la boîte suivante, puis à la poste… sans jamais parvenir à poster sa réponse. Alors il continue à marcher… Jusqu’à l’hospice où son amie est en train de mourir. Il ne sait pas très bien pourquoi il fait cela – il est parti en cravate, sa carte bancaire en poche (heureusement !), avec ses « chaussures de bateau » pas du tout adaptées ! Sa femme non plus ne sait pas pourquoi il fait cela, et elle ne sait pas comment elle doit le prendre. Le lecteur suit le cours de leurs réflexions respectives, souffre avec Harold (et avec sa femme) et ne comprend le fond de l’affaire qu’à la fin du livre.

Enfin, si elle avait pu, Annie-France (absente pour cause de grippe) nous aurait présenté le livre de Pierre Zylawski, Je marche donc je suis (Riffle) sur lequel elle nous communique ce petit commentaire :

je marche donc je suisL’auteur fait le récit du réel voyage de Jean de Mady, d’après leurs conversations. C’est attachant et original puisque le héros commence son histoire alors qu’il est presque arrivé à Compostelle, parti de la Tour Saint Jacques à Paris, et qu’il décide de faire à pied également le chemin du retour : l’aller n’a pas suffit à calmer sa peine de la mort de sa femme. Et même, toujours pas prêt à rentrer chez lui, il fait un long arrêt dans un village où il va devenir l’homme providentiel.

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Annie-France aurait voulu mentionner aussi deux charmants petits livres de la collection  » petite philosophie du voyage ». L’un s’intitule Le rythme de l’âne et l’autre L’ivresse de la marche. Deux petits bijoux, jolis comme tout et très pertinents.

2 réflexions sur “Nos lectures de novembre 2013 : LES PELERINAGES et LES VOYAGES à pied, à vélo, à cheval ou à dos d’âne…

  1. De la part d’Annie-France Belaval :

    Je voulais juste ajouter quelques mots que je n’ai pu dire au Café !

    Pierre-Louis Stevenson est amoureux d’une américaine mariée et mère de deux enfants; c’est pour oublier cet amour impossible qu’il entreprend sa longue marche (12 jours; 220 kms: c’est devenu le GR 70) avec son ânesse Modestine. Il s’équipe très mal et n’emporte comme nourriture que du chocolat et des saucisses en boîte. Le comportement de Stevenson avec sa bête est odieux, il la fait souffrir, l’épuise et comme elle n’est pas en état de finir le voyage, il la vend sans doute pour la boucherie…même s’il verse une larme de crocodile.

    Pour ce qui est d’Un amour de Camino, c’est vrai qu’il y a trop d’aspects guide touristique (gastronomie et architecture) mais il y a aussi une belle histoire d’amour et une fin surprenante !

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