Nos lectures de Février 2014 : Françoise Giroud (1916-2003)

FG

Interventions de Monique et Gisèle –> biographie de Françoise Giroud.

(Ci-dessous, source Le Figaro.fr)

Fille d’un réfugié politique d’origine turque, Françoise Giroud, née Léa France Gourdji, reste pendant plusieurs années la seule femme à diriger un groupe de presse en France. Elle commence à travailler en 1937 comme scripte puis scénariste pour le cinéma. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la jeune femme devient agent de liaison pour la Résistance – ce qui lui vaut d’être arrêtée par la Gestapo -, un engagement idéologique qu’elle confirmera par la suite en s’opposant à la guerre d’Algérie. Devenue directrice de rédaction pour le magazine ELLE à sa création, la journaliste fait déjà preuve de son investissement pour la cause des femmes, plus de vingt ans avant d’intégrer un poste de secrétaire d’Etat à la condition féminine. En 1953, Françoise Giroud fonde avec son compagnon, Jean-Jacques Servan-Schreiber, le magazine L’Express, qu’elle dirige jusqu’en 1974. Très impliquée dans la politique, cette membre du parti radical socialiste soutient avec ferveur Pierre Mendès-France puis François Mitterrand avant de se rallier au gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing et à la modernisation sociale qu’il promet. Secrétaire d’Etat à la culture, elle envisage de briguer un siège à la mairie de Paris avant de se désister et de renoncer à la politique en 1979. C’est à cette période que la journaliste devient écrivain, auteur de plusieurs livres sur les coulisses de la politique tels que ‘La Comédie du pouvoir’ ou ‘Le Bon Plaisir’. Toujours présente dans la sphère du journalisme, éditorialiste au Nouvel Observateur, Françoise Giroud reste, jusqu’à sa mort, une femme d’action et d’engagement.

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LeopardLes taches du léopard, présenté par Nicole

Denis Sérignac est un jeune homme heureux comme on peut l’être à vingt ans. Il aime la vie et la croque à belles dents.
Un soir, quelque chose se fane dans son univers, il apprend qu’il est un enfant adopté : un enfant de l’Assistance publique, né sous X, c’est-à-dire que le nom de sa mère naturelle est inconnu et qu’il est interdit de chercher à percer cet anonymat.
Ses parents adoptifs ont été parfaits, il les aime et en est aimé, mais il supporte mal l’idée qu’il y a quelque part une femme qui est sa mère et qu’il ne peut la connaître. Il la retrouve naturellement et là, il fait une nouvelle découverte : c’est qu’elle est juive. Dès lors, il l’est aussi.
Ce n’est plus une tragédie d’être juif, et d’ailleurs il ne le prend pas comme ça. Ce sera une péripétie dans sa vie, mais qui suppose d’assumer une nouvelle identité.
En fait, la sienne sera toujours double, parce qu’on ne change pas de souvenirs, de culture, d’attachements en changeant de paroisse. C’est à la fois lourd et fécond. Des femmes – Marie, Sarah, Bess – l’aideront à porter cette croix dans une vie par ailleurs fort agréable, parce qu’il est un marchand d’art de bonne réputation.
Un illuminé antisémite le tue d’un coup de poignard. Peut-être sa mère avait-elle raison de penser qu’il n’y a pas de place sur la Terre pour un juif heureux ? Denis exigera d’être enterré dans le caveau de sa famille adoptive, avec une bénédiction du curé. Dans la mort, il rentre chez lui.

Après de nombreuses années consacrées à son journal et à des biographies de femmes (dont le savoureux Lou Andreas-Salomé), Françoise Giroud renoue avec un roman bouleversant, mais aussi plein d’humour et on ne peut plus contemporain.

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giroud comédie pouvoirLa Comédie du pouvoir, présenté par Pierre

Le livre publié aux éditions Fayard à la fin de 1977 relate l’expérience de l’exercice du pouvoir politique au niveau gouvernemental sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing de 1974 à 1977 notamment, de Juillet 1974 à Août 1976 en tant que Secrétaire d’Etat à la condition féminine où elle lancera cent une mesures en faveur des femmes, puis secrétaire d’Etat à la culture jusqu’en Mars 1977. Ce livre qui m’avait paru séduisant de par son titre m’a déçu même après une seconde lecture en comparaison avec celui de Luc Ferry, Comment peut-on être ministre (2004) relatant son expérience de ministre de l’Education Nationale de 2002 à 2004 mais dont les analyses traduisent une solide culture philosophique dépassant le niveau journalistique et anecdotique de celles de FG. Si on n’entre pas dans le détail des démêlés politiques de FG avec Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, Raymond Barre et d’autres personnalités politiques importantes de l’époque, on trouve des réflexions intéressantes sur « on ne peut pas le dire aux Français » (pages 18,sq), sur le cadre, le rituel et les à-côtés d’un conseil des ministres (pages 25 à 34), sur la suprématie du Ministère des Finances sur les autres ministères (page 47), sur le sexisme dans les partis politiques et dans les syndicats (page 61), la mise en place d’un secrétariat à la condition féminine (pages 77,sq), le rôle des directeurs de cabinet ministériel (page 82)ou encore la complexité du calcul de la rémunération des fonctionnaires (pages 84, sq). Une réflexion à la fois désabusée et drôle sur le fait que :  « ce métier rend idiot. Vivre sous l’œil du public, c’est abdiquer toute liberté » ainsi qu’une page très sarcastique sur l’ego de certains ministres qui se gonfle démesurément (page 231). Le style est incisif, mordant, précis. Faut-il pour autant considérer ce livre plutôt journalistique comme une œuvre littéraire ? Je préfère, selon la formule d’un ancien homme politique célèbre et écrivain reconnu, Michel de Montaigne, me reposer sur « le mol oreiller du doute ».

Ci-dessous, elle nous parle de son livre ( Archives INA ) :

http://www.ina.fr/video/I00002796

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FrançoiseFrançoise, par Laure Adler,
Grasset, 480 p., 22 euros.

Laure Adler, toujours en quête de femmes hors du commun (Marguerite Duras, Hannah Arendt, Simone Weil), publie, avec le recul nécessaire, un portrait de Françoise très différent du premier. Il lui a fallu sept années d’investigation pour saisir au plus près cette personnalité rayonnante qui avait ses parts d’ombre. Son livre abonde en témoignages souvent admiratifs, parfois sévères, archives et documents personnels inédits comme sa correspondance avec Pierre Mendès France, ou celle, plus intime, avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, sa passion.

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Françoise Giroud par Virginie Bloch-Lainé (France Culture 2012, 58 min.)

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Mahler ALMA MAHLER-WERFEL : admirable , détestable (présenté par Odile)

Lien utile : http://www.arte.tv/fr/alma-mahler-werfel-portrait/1893822.html

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Arthur ou le Bonheur de vivre (Critique l’Express Culture par Martine de Rabaudy parue le 11 Sept 1997) 

F.G-1Françoise Giroud rêve d’être réincarnée en chat ; elle leur ressemble. Sous l’apparente douceur de son légendaire sourire, doublée de sa voix soyeuse, elle griffe jusqu’au sang – un sang couleur d’encre. Tous l’attestent: Giroud est impitoyable. Ceux qui la lisent avec ferveur, ceux qu’elle écorche de sa plume, ceux, familiers, qui l’appellent Françoise parce qu’ils eurent le privilège, parfois éprouvant, d’apprendre le métier de journaliste avec elle, à l’époque où elle dirigeait avec brio les rédactions d’Elle, puis de L’Express

Plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/arthur-ou-le-bonheur-de-vivre_818502.html#hZtBl0JTSDBJgyfc.99

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F.G-2Une femme honorable

Marie était une jolie Polonaise de vingt-quatre ans quand elle est arrivée à Paris pour faire des études. Elle ne savait rien mais elle avait une étincelle de génie. Neuf ans après, avec un acharnement inouï dans ses recherches et la collaboration de son mari Pierre, elle isolait le radium…

Plus sur le site de Fayard

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Voir aussi notre article du 7 février 2014.

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