Le livre dans le livre : « Les belles choses que porte le ciel »

Les belles choses que porte le ciel, de Dinaw Mengestu

Quelques mois dans la vie de Stéphanos, le narrateur, qui tient une épicerie dans un quartier noir pauvre de Washington. Ethiopien, il a quitté son pays à la suite de l’exécution de son père en 1973. Cela fait dix-sept ans qu’il vit aux Etats–Unis. Il n’a que deux amis, immigrés africains comme lui : Joseph, le Congolais, poète à ses heures, et Kenneth, le Kenyan, ingénieur et ‘’conseiller financier’’ de Stéphanos. Ils ont des discussions passionnées à propos de leurs pays. Pour Joseph, nul, ne peut mieux comprendre les derniers vers de l’Enfer de Dante, qu’un Africain, soumis bien souvent à l’enfer – avec quelques embellies :

9782226179760m« Par un pertuis rond, je vis apparaitre

Les belles choses que porte le ciel ».

Un évènement vient perturber la vie du quartier. Une femme blanche, Judith vient s’y installer avec sa fillette métisse, âgée de onze ans, Naomie.

Que va-t-il se passer dans la vie de Stéphanos ? Va-t-il-lui aussi entrevoir « les belles choses que porte le ciel » ?

Judith est l’auteur d’une thèse sur : « De la Démocratie en Amérique » d’Alexis de Tocqueville. Et pour elle se pose la question de la mise en pratique de cet idéal par son pays.

La lecture des « Frères Karamazov » de Dostoievski va susciter chez le narrateur la grande question de son destin, de ce qu’il est en droit d’espérer : « Où est le grand récit de ma vie ? ».

Et comme un écho à ce qu’ont vécu nos protagonistes, des expulsions ont lieu dans le quartier, des troubles éclatent. Judith voit sa maison incendiée, elle quitte le quartier. Stéphanos se retrouve seul. Il ne lui reste que sa boutique ‘’ ni délabrée ni idéale’’. Entre le ciel et l’enfer, il y a, la vie tout simplement.

Si de grands textes sont convoqués, nous restons toujours au plus près des réalités quotidiennes. Les difficultés financières de Stéphanos, ses sentiments pour Judith, son amitié pour Naomie, les troubles dans le quartier, les rumeurs qui les accompagnent.

Comme l’auteur lui-même, né en Ethiopie, les auteurs des œuvres citées ont connu les troubles politiques, l’exil, les menaces de mort.

Le roman pose de graves questions et évoque des drames mais, grâce à son ton intimisme teinté d’une légère ironie, il est très agréable à lire.

Catherine Bouvier

Ce livre a été primé en 2007 (cliquez ici – Albin Michel).

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