Coup de coeur pour « Des mille et une façons de quitter la Moldavie »

par Zazy

Séraphim Botezatu rêve d’Italie, veut ABSOLUMENT partir en Italie. Mais, ce pays, cet Eldorado existe-t-il vraiment ? Beaucoup en doutent à Larga. Tous ceux qui sont partis ne reviennent jamais, n’envoient plus nouvelles ni argent…

La Moldavie n’a aucune frontière commune avec l’Italie ? Pas grave. Ils se sont fait rouler dans la farine par des passeurs aigrefins ? Ils trouveront d’autres façons de partir. Le premier échec ouvre le bal des tentatives aussi farfelues les unes que les autres. L’énergie du désespoir est, ici, teintée d’un humour décalé, corrosif, d’une méchanceté jubilatoire pleine d’amour pour ces laissés pour compte.

1erecouvrvbApprenez à jouer au curling, ça peut servir. Si vous voyez un tracteur voler, c’est normal, vous êtes en Moldavie, ce même tracteur peut se transformer en sous-marin avec les pédales du vieux vélo du voisin ! Le tracteur a une importance prépondérante dans ce village. Il a même couté la vie à Maria.

Moldavie, un des rares pays où le président de la république n’est pas invité à l’étranger par crainte qu’il demande l’asile !

« Comprenez malheureux, leur dit Tudor le vieux Pope, que nous cherchons ailleurs quelque chose que nous pourrions avoir ici. Ici même, en Moldavie ! (…)  Nous pouvons devenir meilleurs,…Commencer à vivre honnêtement ! L’Italie, la véritable Italie se trouve en nous-mêmes ! » Le vieux Tudor dit des vérités et on fusille la vérité. Il sera brûlé pour avoir proposé de chasser le rêve et de prendre la réalité à bras le corps.

Le chapitre sur l’eau que boit le Président du Parlement de Moldavie est un petit bijou d’ironie, ainsi que celui sur le concours de recettes faisant suite à « l’essai de greffes de reins » sur Ion. Sur fond décalé, Vladimir Mortchenkov raconte aussi les trafics d’organes.

Esprits cartésiens, rationnels, pratiques, passez votre chemin ! Ce livre a l’humour décalé, corrosif, méchamment drôle, mais pas que. En pointillés, la réalité est méchamment triste et misérable dans ce  pays qui n’a plus rien.

Un roman jubilatoire, un petit bijou d’absurdité.

– – –

La page de Mirobole Editions –> ici.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s