Nos lectures de janvier 2015 : Israël

La réunion du Café littéraire de Lambersart du 8 janvier dernier avait pour thème Israël : auteurs israéliens, romans ayant Israël pour toile de fond, livres d’histoire… Elle était animée par Lysiane.

Pierre a présenté une BD éditée chez Delcourt : Chroniques de Jérusalem, de Guy Delisle (Fauve d’or Angoulême 2012, Prix du meilleur album), 332 pages.

interface01L’auteur suit sa femme en Israël où elle va collaborer avec Médecins sans frontières. C’est le récit de ce séjour qui fait l’objet du livre : la vie quotidienne, les difficultés inhabituelles pour un Français (jours de courses, fonctionnement des bus…), les déplacements aux quatre coins du pays, les lieux interdits, les check points, etc. Pierre a beaucoup aimé ce livre qui, comme le confirme Annie-France, est facile à lire et n’en est pas moins substantiel.

Bernadette a présenté La répudiée, d’Éliette Abécassis (Albin Michel, 2000).

9782226110572mL’action se passe dans un quartier très religieux de Jérusalem, chez des Hassidims. Rachel a été mariée à 16 ans. Comme cela se fait dans cette communauté, c’est elle qui travaille tandis que son mari étudie le Talmud. Ils s’aiment mais malheureusement leur couche reste stérile. Si, après 10 ans de mariage Rachel ne tombe pas enceinte, son mari la répudiera car le but du mariage est la procréation. Par ailleurs, Rachel tentera d’aider sa jeune soeur à échapper à un mariage forcé et à rejoindre celui qu’elle aime. « Un petit livre, mais un beau portrait de cette communauté », conclut Bernadette.

Monique a brièvement présenté Un candide en Terre sainte, de Régis Debray (Gallimard, 2008), livre de commande, « le carnet d’adresses de l’auteur lui permettant de rencontrer des gens de tous bords ».

product_9782070783809_195x320 L’idée était de refaire l’itinéraire de Jésus à travers le Proche-Orient. D’après l’éditeur, « plus qu’un voyage au bout de la haine, ce carnet de route peut servir à la connaissance du monde profane tel qu’il va ». La démarche est peu appréciée de Monique, Régis Debray heurtant ses convictions. Les conclusions de l’auteur sur la situation locale sont très pessimistes, ce qui incite Annie-France à rappeler son coup de coeur pour Comme un veilleur attend la paix. En outre, Annie-France explique qu’elle avait été très intéressée par les cartes figurant dans le livre de Régis Debray.

Sylvaine a présenté En retard pour la guerre, de Valérie Zenatti (L’Olivier, 2006), premier roman pour adultes de cette auteure.

83832_couverture_Hres_0On y suit Constance, une jeune juive française qui a décidé de finir ses études de lettres en Israël. Le contexte est celui de la menace d’une attaque irakienne à l’arme chimique (1991). Si le fil narratif attaché à l’héroïne ne manque pas d’intérêt, Sylvaine s’est plutôt concentrée sur ce que la toile de fond lui apprenait, comme ces « fêtes de fin du monde » que font les Israéliens : inquiets, ils consomment à tout va, et ironisent sur l’économie ainsi relancée. Sylvaine a été très sensible à l’humour qui jalonne le livre ; elle nous a fait lecture de plusieurs extraits savoureux comme cet épisode des débats radiophoniques sur la question de se raser ou non la barbe afin de pouvoir utiliser efficacement son masque à gaz.

Annie-France a mentionné Quand j’étais soldate (Medium, 2002) et Une bouteille dans la mer de Gaza (Medium, 2005), livres Jeunesse de Valérie Zenatti. L’auteure est également traductrice d’Aharon Appelfeld (Histoire d’une vie, au Seuil).

9782021004625Lysiane a présenté Une femme fuyant l’annonce, de David Grossman (Seuil, 2011). Sur le site de l’éditeur, les 50 premières pages sont accessibles gratuitement.

Ora part en randonnée avec un vieil ami-amant, Avram, à défaut de pouvoir partir comme prévu avec son fils Ofer qui vient de terminer son service de trois ans, mais s’est réengagé pour participer à une grande opération militaire. Ora craint tant de recevoir un jour l’annonce du décès d’Ofer qu’elle part, pensant superstitieusement que si elle reste inaccessible aux messagers, le pire ne se produira pas. Elle va beaucoup parler à Avram, « personnage stendhalien, complètement dans la passion », qui commence par refuser d’entendre parler d’Ofer – on comprendra pourquoi. La toile de fond du récit, qui retrace la vie de la famille d’Ora, est Israël de 1967 à nos jours. L’écriture, nous dit Lysiane, est « très physique – impressions, sentiments – très charnelle ». Ce long livre est difficile à résumer mais peut être décrit en trois axes : amour maternel, passion amoureuse, omniprésence de la guerre.

Annie-France a rapidement présenté Amos Oz et, en particulier Soudain dans la forêt profonde (disponible en Folio) et Une panthère dans la cave (idem), « petit roman initiatique se lisant  facilement ».

product_9782070136988_195x320Elle a ensuite présenté Ce qui reste de nos vies, de Zeruya Shalev (Gallimard, Prix Femina Etranger 2014).

Une vieille dame fait le bilan de sa vie. Née dans un kibboutz (elle est le premier enfant à y naître), elle est terrorisée par un père qu’elle aime pourtant mais qui a utilisé sur elle des méthodes éducatives violentes. Elle vit ensuite à Jérusalem et découvre à quel point la vie en ville contraste avec le kibboutz : il faut, par exemple, s’occuper des enfants tout le temps ! Les liens qui vont se retisser autour de la mère à l’heure du bilan inciteront ses enfants à faire eux aussi un bilan de leur vie. Annie-France souligne l’épaisseur des personnages.

Enfin, Annie-France a rappelé l’existence de la Libraire l’Olivier, à Lille, tenue par « un homme passionnant ».

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Lien vers les précédents comptes-rendus de réunion : ici (page à dérouler). Nos prochains rendez-vous : ici.

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