Coup de coeur pour un auteur : Kenneth Cook

Par Michel Campo

Voici 5 livres édités chez Autrement (parus également en format poche) qui peuvent agrémenter nos vacances et qui, pour les trois premiers d’entre eux peuvent déclencher une rafale d’éclats de rire et tout au moins une « mise en bonne humeur » garantie.

Les trois premiers :

La vengeance du wombat (Livre de poche)

Le koala tueur (Livre de poche)

L’ivresse du kangourou (J’ai lu)

sont des recueils de nouvelles relatant les aventures hilarantes de l’auteur aux prises avec la nature, les animaux et les habitants du Bush.

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Australiens aborigènes (historiquement les vrais Australiens !) et autres « dingues »  plus ou moins immigrés Européens peuplent cet immense désert parcouru d’une quantité affolante d’être vivants qui détestent être dérangés durant leur sieste ou leur repas.

A ce propos, les « Blancs » (ou rouges suivant les heures du jour) doivent leur survie, en ces contrées sauvages, plus à l’ingestion immodérée de bière locale glacée à souhait ( il existe même des manchons autour des verres d’à peu près un litre pour la garder fraîche à point) qu’à la chasse à toutes ces sales bestioles dont je livre ci- après une brève description (tirée du koala tueur).

« Je n’aime pas les koalas. Ces sales bêtes, aussi hargneuses que stupides, n’ont pas un poil de gentillesse. Leur comportement social est effroyable. Les mâles n’arrêtent pas de se tabasser ou de voler les femelles de leurs semblables. lls ont des mécanismes de défense répugnants. Leur fourrure est infestée de vermine. Ils ronflent. Leur ressemblance avec les nounours est une vile supercherie. Il n’y a rien de bon chez eux. »

On comprendra vite à la lecture le pourquoi de cette description cataclysmique !

Toutes ces histoires plus drôles et revigorantes les unes que les autres ont été, parait-il, véritablement vécues par Kenneth, et, pour avoir parcouru un peu ces régions, je ne suis pas loin de penser qu’il ne s’agit là qu’un modeste échantillon de la folie générée par un soleil de plomb sur la faune locale, humains compris.

*

Le quatrième : Le vin de la colère divine (J’ai Lu) est un livre  » tornade » et celle-ci nous passe dans la tête au fur et à mesure des pages.

Ça se passe au Vietnam et le jeune homme (au fait quel est son prénom ?) y mène sa guerre. Ça commence dans un bar. Est-il en permission ? A-t-il déserté ?

IMG_20150424_0003«  Le premier coup de feu offensif que l’on entend ressemble à tous les autres coups de feu. Sauf que le premier coup de feu offensif que j’ai entendu allait dans le sens inverse des balles auxquelles j’étais habitué. Et qu’il a emporté la moitié de la tête du soldat qui marchait derrière moi. »

Et c’est parti pour une balade de l’horreur. Des deux côtés. Un partage entre de brèves et violentes missions en territoire truffé d’ennemis enterrés et massacrés au napalm en compagnie de populations terrifiées par les uns et les autres. Simple question par exemple : faut-il tirer sur une colonne de réfugiés qui fuient la zone de combat avec femmes, enfants et bébés mais aussi à coup sûr infiltrée d’ennemis déguisés en paysans le jour, féroces combattants la nuit ? La réponse est dans le livre:  » Il faut absolument occuper ces lascars afin qu’ils n’aient pas le temps de penser « . Le premier homme qui a dit cela a inspiré tous les généraux et a ouvert la voie à toutes armées du monde (citation de K.C).

Le problème est que notre homme pense et réfléchit… tandis qu’il s’engloutit et s’investit malgré lui chaque jour plus dans l’innommable tuerie.

Ah! J’oubliais l’autre côté du partage. L’ennui dans les bases et les virées en ville où les bars regorgent de bière et de jolies dames qui vident les poches des gars déglingués par le massacre réciproque mais très « technologiquement » mené du côté US : « Je veux m’agenouiller dans un confessionnal débordant de culpabilité et de détresse et dire : pardonnez-moi mon Père parce que j’ai péché. J’ai fait la guerre pour sauver le monde du communisme. »

Le livre est lu d’une traite. Retenez votre respiration ! Le problème est de la reprendre après la dernière page.

*

Et enfin le cinquième : Par-dessus bord (1967 – livre basé sur des faits réels – Ed. Autrement)

Jack Foster et son Aborigène de service pêchent tranquillement au large de Bernadine quand ils reçoivent un appel du phare de Marabell. Un bateau de « métèques » (Italiens ou sous-hommes comme l’on préfère) est en difficulté au large de l’îlot au sud de Marabell suite à une mauvaise manoeuvre de largage d’ancre par l’un des trois marins.

Jack va parvenir à ramener le bateau malgré la dangereuse barre qui ferme la baie de Bernadine et l’on peut dire que l’aventure ou les ennuis… comme l’on préfère commencent.

Kenneth CookLa pêche au thon ! Le bateau des Italiens, le Santa Maria, est en vente (l’un des trois frères est mort lors de l’incident) et Jack se dit qu’avec un bateau pareil pour pêcher le thon, en une journée, il gagnerait autant qu’en trois mois avec son vieux Eltsie. Alors il la veut à tout prix, son Santa Maria… (drôle de nom pour un bateau se dit-il)Pas tout à fait à tout prix mais quand même bien au-delà de ses possibilités financières.

Il trouve l’argent nécessaire mais apprend que la coque du bateau nécessite de gros travaux. Tant pis, il enfreindra toutes les règles de prudence interdisant de prendre la mer avec un bateau en tel état.

Il va jouer sa vie, celle de son compagnon de bord et l’avenir de sa famille, et ramener ces f..t.s thons au port, assurant ainsi le règlement quasi immédiat de tous ses soucis… C’est tout de suite ou jamais car la saison de pêche est courte, sauf qu’un appel arrive en mer. Il faut sauver un enfant gravement malade et le ramener d’une île proche à Bernadine…

*

Kenneth Cook (1929-1987) trop rapidement disparu, de nationalité australienne, fut un personnage hors norme. Né à Lakemba (Sydney), il verra son père quitter très tôt sa mère. Après ses études secondaires, il est cadet à bord du Richmond River Express et se met tôt à écrire essais, histoires, théâtre. Marié en 1951 à la bibliothécaire Irene Patricia Hickie.

Il publie en 1961 Wake in Fright (Réveil dans la terreur), un succès. En ces années 60, il s’oppose vigoureusement à la guerre au Vietnam et s’essaie à la carrière politique sans grand résultat. La société de production qu’il a créée tourne des films de télévision, spécialement pour les enfants (Patrician Films Pty Ltd).

Il crée la première ferme aux papillons à Hawkesbury, mais déposera le bilan en 1983 après s’être séparé de Patricia. Malade et déprimé, il se ressaisit et écrit les trois livres ci-dessus, qui lui apportent succès, notoriété et remariage avec Jacqueline Frances Kent en janvier 1987. Ayant perdu les enfants de son premier mariage (4) il décèdera en avril de la même année d’un infarctus du myocarde.

(Source Dictionnaire Australien de Biographie Vol.17-2007)

Auteur de cet article : Michel Campo.


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