Nos lectures de mai 2015 : L’ésotérisme

ALINE a présenté L’apothicaire, d’Henri Loevenbruck, Flammarion (2011).

9782081233270_cmUn pavé de 600 pages un peu indigeste par moments, mais le lecteur se laisse prendre. Humour, adresses au lecteur, un roman foisonnant.

Trois héros : L’apothicaire Andreas Saint-Loup, Robin son apprenti, Aalis, jeune paysanne de 15 ans rencontrée en chemin… car les personnages accomplissent un périple de France au Mont Sinaï. Reproche d’Aline : un côté guide touristique des villes et campagnes, traversées à pied, à cheval…

Roman historique, L’Apothicaire se passe sous le règne de Philippe-le-Bel (début XIVe) : terribles descriptions des appareils de torture de l’inquisition ; personnages de Templiers, mais aussi de petites gens et beaucoup de filles de joie ; vocabulaire et tournures médiévales, citations latines et d’autres langues anciennes. C’est également un roman initiatique : les héros cherchent leur vérité (enquêtes, embuches, expériences violentes) ; et un roman philosophique : références aux philosophes et scientifiques antiques et contemporains. Le thème de la disparition en fait un roman fantastique  : une pièce de la maison, un personnage, un tableau, des souvenirs disparaissent. Enfin, c’est un roman ésotérique puisqu’il y est question d’agnosticisme, hérésie combattue par le roi et par le pape, et que le monde « réel » aurait été créé par un dieu mauvais…

CATHERINE a présenté Les Cathédrales du vide, d’Henri Loevenbruck également, Flammarion (2009).
9782081221680_cm« Prends garde, il est des portes qu’il vaut mieux ne jamais ouvrir » !

Des personnages disparaissent à différents endroits de la planète. Le point commun entre eux ? Tous appartiennent à une société secrète et cherchent à atteindre le centre de la Terre dont ils pensent connaître plusieurs entrées. L’enquête donne lieu à de multiples petits récits se déroulant à Paris, Bruxelles ou Genève, dans le Kivu, en Inde, au Pôle Nord, en Amazonie équatoriale et en Californie.

Remarquable notamment : au Kivu, les Mines de coltan (mot-valise pour colombite-tantalite, deux métaux indispensables à la fabrication de nos portables) et les conditions de travail dans ces mines.

PIERRE a présenté Inferno, de Dan Brown, J.-C. Lattès (2013).

9782709643740-GUn thriller de 564 pages (sans compter les annexes) dont le personnage principal est le même que celui du Da Vinci Code.

Robert se réveille en pleine nuit dans un hôpital. Il a la mémoire immédiate à zéro, mais sa mémoire ancienne subsiste. On essaie de le tuer… Suite rocambolesque nous menant  à Florence, Venise, Istanbul – des lieux touristiques et des lieux secrets. Les éléments ésotériques jalonnent le récit à travers un travail très difficile (mené par deux personnages) d’interprétation de symboles : masques renvoyant à ceux des acteurs du théâtre antique et à ceux des médecins du Moyen Age, cylindre-sceau portant l’image d’un Satan cornu à trois têtes dévorant trois hommes à la fois, la lettre P sept fois gravée dans le masque de Dante, textes énigmatiques comme : « O, esprit possédé du clair entendement, vois la doctrine qui se cache sous les vers mystérieux, (…) applique ton oreille au sol et suis le son du ruisseau jusqu’aux eaux rouge sang où le monstre chtonien t’attend dans le lagon où ne se reflète nulle étoile »…

Le roman devient de plus en plus complexe. On croit avoir compris… On n’a pas compris ! Qui est bon ? Qui est méchant ? Le seul qui ne soit pas ambigu est le héros. Un roman qui tient en haleine, même si on se perd avec plaisir et déplaisir selon les passages.

NICOLE a évoqué Qumran, d’Eliette Abécassis, publié chez Albin Michel (1998), disponible en Livre de Poche.

9782253143635-TQumran est le nom de la grotte où ont été trouvés les manuscrits de la Mer morte. Nicole a commencé le livre, mais à la page 140, pour elle, le récit n’avait pas encore vraiment débuté, il s’agissait toujours d’un rappel historique. « Après ça doit être bien, mais j’ai calé avant que ça démarre », dit-elle avec humour et se disant qu’elle n’était sans doute pas dans les bonnes dispositions d’esprit. Pierre confirme qu’il s’agit plus d’un livre historique que d’un roman. Comme tel, il l’a trouvé intéressant.

MICHEL a consulté les spécialités d’un grand nombre de librairies en France pour arrêter son dévolu sur Le secret d’Osiris, de Nabil Mallat, l’Archipel (2013). Voici son compte-rendu :

9782809810356-G-210x327Nabil Mallat est Professeur d’Université à Beyrouth. Né en 1975. Passionné d’astronomo-archéologie, il publie ici son premier roman après avoir écrit un Conte Philosophique : le périple de Maxime.

Le héros de l’histoire Maxime Latour découvre lors de fouilles sur le plateau de Gizeh un puits de quatre étages dédié au dieu OSIRIS, étages dont le dernier, inconnu à ce jour, cache un sarcophage de plusieurs tonnes renfermant, avec les ossements, un mystérieux papyrus. La salle contenant le sarcophage est en outre complétée par deux colonnes aux inscriptions inconnues et mystérieuses.

imLe faucon, l’oeil et le trône symbolisent Osiris et le Serekh* figure sur la pierre du sarcophage.

Le papyrus se révèle être L’Enseignement primordial, premier texte de l’Egypte retranscrit de la main d’Imhotep, inventeur de la pyramide (Sakkarah, sur la demande du pharaon Djoser). Il disparaît mystérieusement quelques minutes plus tard à la faveur d’une panne de lumière de quelques instants.

Nebta Playa MapDu Caire à Wahington et des USA à Nabta Playa (100 km Ouest d’Abous Simbel) l’intrigue à plusieurs niveaux nous entraîne de découvertes en découvertes vers la naissance de la civilisation égyptienne estimée à 10 000 av J.-C. À cette époque, le désert était verdoyant… mais d’où venaient les premiers habitants et ce fameux enseignement d’Osiris, dieu vivant ?

Roman facile d’accès, le livre se lit avec intérêt et comporte une grande partie de dialogues entre les intervenants. Il nous rapproche avec subtilité de l’histoire de l’Egypte et, en conséquence, nous invite à approfondir nos connaissances sur la fascinante marche des Pharaons et de leur peuple vers l’éternité. Je suggère 1* pour cet excellente évocation.

*Note : le Serekh est l’ancêtre du cartouche elliptique. Les anciens Egyptiens utilisaient ce symbole afin de protéger les noms de leurs pharaons des forces négatives.

ODILE nous a fait part d’une expérience d’ésotérisme « vécue en direct », une histoire vraie : « l’au-delà à la portée de tous » !

Un immeuble Paris, une salle plongée dans la pénombre, des gens… et un médium, homme affable, d’apparence classique et raisonnable, qui s’entretient d’abord personnellement avec chacun. Puis des veuves éplorées appelant leurs maris, des scènes rocambolesques de déception (pleurs déchirants) quand la communication n’a pas réussi… Odile est surtout restée interloquée devant le déballage intime et l’hystérie collective.

ANNIE-FRANCE a présenté La Loge des âmes, de Zagam Milek, Engelaere Ed.

97829176212401-599x1024Cela se passe en 1379 et de nos jours à Douai. Le livre d’Abraham le juif, comporte de nombreuses formules, y compris celle de l’immortalité !

Zagam Milek, libraire de livres anciens, découvre dans un lot de livres ésotériques, un extrait du journal intime (1937) d’un alchimiste et rosicrucien douaisien. Zagam va décrypter un livre de cet auteur et va croiser une très secrète « loge des âmes » chargée de veiller sur le livre d’Abraham le juif…

ANNIE France a également présenté un petit livre intitulé : 20 clés pour comprendre l’ésotérisme, coll. Spiritualités chez Albin Michel (2013).

9782226249524m20 petits chapitres très clairs, écrits par des écrivains connus, dans lesquels Annie-France a retrouvé tous les termes auxquels le thème de notre réunion l’avait renvoyée : alchimie, astrologie, chamanisme, franc-maçonnerie, hermétisme, mystique, occultisme, Rose-Croix, etc.

« Pas tout à fait un coup de coeur, dit-elle, mais 3*, car il rend bien service » pour tenter de faire le tour des différentes significations contenues dans le terme d’ésotérisme.

PAUL a « voulu écrivailler » et cela donne une nouvelle intitulée Les émois de la Maison Saint Ange.

Il nous a bien fait rire avec une histoire qui se passe dans une maison de retraite « car les diables, les fantômes et les vampires se trouvent là où on s’y attend le moins » ! Victor, en visite à sa tante, découvre sur le vaste palier de l’étage où se trouve la chambre de sa tante, deux chandeliers allumés, un Saint Michel pourfendant le dragon : un autel surprenant et saugrenu, un autel expiatoire, parait-il, installé par une soeur…

Rôle amusant de l’ascenseur. Une sœur s’exclame : « La cave est maudite ! On a vu le diable, il a envoûté l’ascenseur ! » Stratégie de reconquête des caves par les Forces du Bien : une expédition s’organise pour y descendre (pensionnaires, sœurs, novices, bedeau voisin…). Les noms des personnages sont amusants, ainsi que la distribution des rôles et des accessoires dont chacun se munit pour l’expédition.

Un grand moment de plaisir ! Merci Paul !

Enfin, et dans un autre registre, GISÈLE a présenté Le Cimetière de Prague, d’Umberto Eco, publié chez Grasset (2011).

9782246783893-T_0Ce livre, très critiqué, semble manquer sa cible, celle revendiquée par l’auteur de prévenir que l’antisémitisme n’est jamais loin et « peut encore polluer notre présent ». Mais le sens second du livre, qui est celui qu’il faut lire, peut échapper totalement à un lecteur non averti, qui pourrait épouser les thèses anti-juives. Car la trame du roman consiste dans la théorie d’un complot juif pour anéantir la chrétienté. Au premier degré, il en ressort surtout une haine pour les jésuites, les franc-maçons et les juifs. L’intrigue mène à Prague ; on y découvre des personnages ayant existé, ce qui semble accréditer la thèse du complot ; des événements réels sont déformés mais donnent à la trame des accents de vérité. L’auteur fait la preuve d’une érudition gigantesque mais son roman fait l’objet (tout à fait à raison, selon Gisèle) d’une sévère controverse : « C’est jouer avec le feu ! »

« Un roman passionnant laissant une impression de malaise, où il manque un héros positif. Cela sue la haine et le mépris, dit Gisèle, c’est excessif, caricatural, moche ». Dans l’assemblée, ce point de vue fait l’unanimité de tous ceux qui ont lu le livre.

9782253143611-T 9782246467113-T_0Mais GISÈLE mentionne : L’île du jour d’avant, qu’elle a aimé ; et PIERRE : Comment voyager avec un Saumon, qu’il a aimé également.


 

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