« Les quatre saisons de l’été »

Par Brigitte Niquet

Grégoire Delacourt, Les quatre saisons de l’été (J.C. Lattès)

Je me souviens avoir découvert avec étonnement et grand plaisir L’Ecrivain de la famille, un premier roman très attachant, primé à juste titre. Je me souviens avoir adoré La Liste de mes envies, l’oeuvre de Delacourt la plus réussie à ce jour, et m’être dit : « Un auteur est né ». Je me souviens avoir été très déçue par La première chose qu’on regarde, qui ne m’avait ni intéressée ni touchée à aucun moment. Je me souviens que le plaisir de lire m’est revenu avec On ne voyait que le bonheur, malgré son absolue noirceur (ce qui n’est pas pour me déplaire) contrastant bizarrement avec une sorte de happy end totalement invraisemblable.

J’attendais donc avec impatience le livre suivant. Que nous réservait cet auteur imprévisible, qui est toujours là où on ne l’attend pas et surprend à chaque fois ? (Au rythme d’un roman par an, cela relève de l’exploit !)

9782709649339-GDisons que, contrairement aux affirmations de certains journalistes, je trouve que ce n’est pas le meilleur livre de Delacourt.

Je n’aime pas :

– le principe des histoires croisées de 4 couples d’âges très différents, dont on ne comprend vraiment qu’à la fin quels rapports ils entretiennent entre eux (à part de s’être trouvés au Touquet le 14 juillet 1999) et pourquoi ils ont été réunis dans un même livre. C’est assez fatigant à suivre, surtout si on y ajoute les sauts dans le temps avec éventuellement changement de nom des protagonistes…

– le côté roman sentimental un peu « gnangnan » parfois, qui me gêne aux entournures… On se croirait chez Lelouch, dans Un homme et une femme (plage du Touquet comprise), sans pourtant que le même charme opère, du moins à mon avis.

– les constantes citations avec références en bas de page, qui « cassent » la lecture. Certaines sont géniales et indispensables, d’autres beaucoup moins.

J’aime :

– l’ambiance « Hors saison » qui nous renvoie sans cesse (parfois trop) à la chanson de Cabrel et à d’autres. Pour les gens de ma génération, c’est un voyage en Nostalgie, surtout quand on a passionnément aimé, dansé et souffert sur les airs en question.

– cette phrase : « On tombe amoureuse, puis on tombe enceinte, puis on tombe de haut », dont l’anaphore résume bien la vie de nombreuses femmes, même modernes.

– et globalement, le style et l’art de la narration que Grégoire Delacourt possède au plus haut point et qui nous « scotchent » malgré tout à un récit d’intérêt modéré.

Il ne nous reste plus qu’à attendre l’opus suivant. Dans un an ?


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