« Mount Terminus »

Par Catherine Chahnazarian

Le bistrot ne payait pas de mine mais j’avais une demi-heure à perdre entre deux cours et pas envie de la passer derrière le volant de ma voiture sur le parking du Cora. Aussi décalé que moi dans l’odeur de bière froide, les papiers de sucre à terre et l’étrange clair-obscur ambiant, un jeune homme était en train de finir Mount Terminus. 9782021168686Je le sais parce qu’avant de repartir je lui ai demandé. Il a d’abord paniqué (j’avais sans doute mon air de prof), et puis il m’a montré la couverture du livre en le relevant devant son visage alors qu’il n’était même pas boutonneux et qu’il n’y avait pas de raison d’avoir honte de cet appareil dentaire tardif. Enfin, à la question banale « C’est bien ? » il a répondu quelque chose que je n’ai pas compris parce que, comme souvent les adolescents, il a été incapable d’articuler. J’allais renoncer, mais il a ajouté plus distinctement : « … roman(s) américain(s) … cinéma…  » et quelques autres mots intelligibles. Comme il tentait vraiment de coopérer, je lui ai demandé (en cherchant ses yeux qui étaient d’un bleu magnifique avec les longs cils qu’on a à cet âge) : « Sur une échelle de 0 à 5 vous lui donneriez combien ? »

Son « quatre » clair et net m’a confortée dans l’idée que ce livre valait bien un article pour le blog du Café littéraire de Lambersart.

Mount Terminus, de David Grand vient de sortir en français au Seuil (traduction de Bernard Hoepffner). Voici un extrait en pdf.

P.S. : Jeune homme, si par hasard vous me lisiez et que vous me teniez rancune de ceci, n’hésitez pas à protester dans un commentaire au bas de cette page !


Une réflexion sur “« Mount Terminus »

  1. On est gonflées tout de même! Toi, sur ton parking, moi dans une librairie (quand même!!) Je n’ai pu m’empêcher d’entrer en relation avec deux jeunes gens dont j’avais entendu des bribes de conversation…L’un des deux avait 20 ans et était amoureux des livres…je l’entendais parler de différents auteurs dont Anna Arendt… finalement, ils ont acheté La Vague: il l’avait lu, l’autre avait vu le film mais il s’était laissé convaincre que le livre, c’était mieux.
    Il faut combattre l’idée qu’on lit moins…regardez dans le métro, les trains…ils lisent et entrent facilement en contact pour parler de leur lecture…

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