« Les Frères Karamazov »

Par Lysiane Busin

Les Frères Karamazov, le dernier roman de Dostoïevski a été publié en feuilleton à partir de 1879. Disponible aujourd’hui en Folio.

J’ai lu ce roman à l’âge de 17 ans. Il m’avait beaucoup marquée car il interroge la création, le péché, la culpabilité, la liberté, mais aussi la souffrance des enfants, l’amour, la passion, la justice… 900 pages foisonnantes, pleines de bruit et de fureur. Seulement il faut dépasser les cent premières pages pour accéder au tourbillon d’une vie pleine de passion. product_9782070389629_195x320En effet, jusqu’au livre VI, la mise en place des nombreux personnages avec leurs noms un peu compliqués et leurs diminutifs ou leur surnom, et les longs débats sur l’immortalité de l’âme et l’athéisme semblent un peu laborieux pour le lecteur. Ensuite la narration s’accélère, d’autres personnages entrent en scène, les coups de théâtre se succèdent. Parmi les personnages très nombreux, il faut souligner les membres de la famille Karamazov : le père Fiodor Pavlovitch sensuel et dépravé, a quasiment abandonné ses trois fils. Sa première épouse meurt peu de temps après leur mariage, leur fils Dimitri (Mitia) est élevé par Grigori, un domestique, avant d’être pris en charge par un petit cousin. Fiodor se remarie avec Sophie Ivanovna mais elle perd la raison. Les deux autres fils Ivan et Alexei Fidorovitch (Aliosha) sont abandonnés aux domestiques. Trois mois après la mort de leur mère, la tutrice de Sophie Ivanovna emmène les deux garçons de sept et quatre ans.

Quand l’histoire commence vraiment Dimitri a 28 ans, Ivan 24 et Aliosha 20. Dimitri a bon coeur mais c’est un viveur, violent, exalté. Ivan est un intellectuel en pleine rébellion, un idéaliste, il étudie les sciences et publie des articles. Aliosha vit au monastère. C’est un jeune homme bon, plein de compassion, de compréhension, aimé de tous, loyal, avide de vérité.

A la fin de la deuxième partie, on voit Ivan et Aliosha qui apprennent à se connaitre. Ivan confie à son jeune frère ses tourments, sa révolte devant le monde tel qu’il est : les parents bourreaux de leurs enfants, d’autres enfants victimes des puissants, cette souffrance des enfants pour lui est insurmontable, « je ne refuse pas d’admettre Dieu, mais très respectueusement je lui rends mon billet » dit-il.

Plus loin, c’est une intrigue policière qui se déploie alors, une dimension supplémentaire pour cet immense roman.

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2 réflexions sur “« Les Frères Karamazov »

  1. Comme je l’ai avoué au Café du 10 mars, je n’ai pas retrouvé l’enthousiasme de mes 18 ans! De plus la version audio étant nulle, j’ai terminé par le texte en Pleiade (papier agaçant) Rien à faire, ça m’ennuie quand je pense qu’à vingt ans j’avais lu tout Dostoïevski et voulais y consacrer une thèse…!

  2. Je voudrais signaler que l’édition Folio renseignée contient en préface un texte passionnant de S. Freud, « Dostoïevski et le parricide » ; et une postface de Pierre Pascal qui propose d’excellentes explications sur la trame du roman, le rapport de l’auteur au divin, les inspirations littéraires et autobiograhiques… Et on y lit, un peu comme du Flaubert, ce commentaire de Dostoïevski sur l’écriture : « Je travaille nerveusement, dans le tourment et l’inquiétude. Je suis malade même physiquement… Cette vie de bagnard est au-dessus de mes forces. »

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