Nos lectures d’avril 2016 : La littérature-monde

Et d’abord, la grande question : Qu’est-ce que la « littérature-monde », annoncée comme la fin de la francophonie ?

Le plus simple est de se référer au manifeste publié dans le journal Le Monde en 2007 par 44 auteurs écrivant en français.

Mais cette lecture peut sembler un peu indigeste. Donc, pour résumer :

1- il s’agit d’arrêter de considérer Paris comme le centre du monde littéraire (le fameux complexe « germanopratin »), de considérer le seul hexagone ;

2- et de parler de « littératures françaises » d’où qu’elles viennent (la francophonie a des  relents de colonialisme – qu’ont dénoncé Aimé Césaire, Léopold S. Sengor, etc.) ;

3- de parler du monde plutôt que d’autofiction nombriliste.

467Brigitte présente un recueil de nouvelles d’Eva Almassy, Limites de l’amour (L’Amourier, 2010). Eva Almassy est hongroise (née à Budapest), mais est totalement francophone et vit à Paris. Elle est par ailleurs co-auteur avec Michel Le Bris et Jean Rouaud du livre « Pour une littérature-monde » (Gallimard 2007) et a rejoint les 44 signataires du manifeste « Pour une littérature-monde en français ». Brigitte lit une très jolie nouvelle intitulée Paso doble.

product_9782070767243_195x320Aline présente Les Rochers de Poudre d’Or (Gallimard, 2003) de Nathacha Appanah, Mauricienne d’origine indienne, qui écrit dans une belle langue sobre, sans pathos, avec quelques exotismes. Ce livre raconte l’histoire du peuplement de l’île Maurice après l’abolition de l’esclavage en 1848, quand il fallut donc remplacer les Noirs et faire appel aux Indiens pour peupler l’île.

91029_couverture_Hres_0Du même auteur, Catherine présente Le dernier frère (L’Olivier, 2007), histoire d’une famille très pauvre à Maurice, décimée par une tornade, et dont le seul survivant connaîtra un destin tragique mais sans jamais perdre l’amour de la vie ni l’espoir.

Enfin, Michel nous fait part de son admiration pour Alain Mabanckou, écrivain franco-congolais né à Pointe-Noire (Congo Brazzaville), récent titulaire d’une chaire de création artistique au Collège de France et prix Renaudot en 2006 pour Mémoires de porc-épic (Seuil, 2006). Michel nous parle tout particulièrement de son 1er livre Bleu, blanc, rouge (Présence africaine, 1998), dont il nous dit : « C’est un tas d’histoires africaines transposées aux environs des gares du Nord et de l’Est… Avec sa langue goûteuse et colorée, Mabanckou nous emmène  sur les chemins de sa vision de la colonisation… Faites un bout de route, quelques bouts de rues avec Alain Mabanckou, voici une Afrique à Paris qui vous emmènera au bout de ses livres… ». Michel est déjà prêt à déguster le dernier roman de Mabankou, Petit piment (Seuil, 2015). Il recommande aussi Black Bazar (lire sa critique ici).

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Le temps a manqué pour des raisons externes aux débats ; tout le monde n’a pas pu parler. Un ou deux articles se rajouteront peut-être à celui-ci pour compenser.


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