« Hôtels littéraires »

Par Michel Campo

Hôtels littéraires, Voyage autour de la terre de Nathalie H. de Saint Phalle, Ed. Denoel, 2005

Il s’agit d’un recueil très documenté d’anecdotes par ordre alphabétique. Deux ou trois pages par auteur, remplies de détails biographiques que nous ignorons pour beaucoup d’entre eux. L’auteure a sans doute beaucoup travaillé pour réunir tout ça ! C’est un très bon livre de chevet… On peut en déguster un petit bout tous les soirs.

Présentation1

Pour un grand nombre d’entre eux (excepté en Suisse), j’ai connus ces hôtels, visités, appréciés, admirés, parfois oubliés. Je suis encore et toujours attiré, aspiré en quelque sorte par les mystères qu’ils recèlent, les histoires qu’ils murmurent, les rumeurs dont ils font l’objet, les parfums qu’ils dispersent, et cette indéfinissable ambiance que les années ont fini par créer, comme un voile sur la toile d’un peintre. Certains ont acquis une élégante noblesse après toutes ces années, incitant le visiteur à se mouvoir avec une pointe de recueillement.

product_9782207257234_195x320À aucun moment, je ne m’étais intéressé à leur destin littéraire et, à mon grand regret, je n’avais pu emboîter mes pas dans ceux de leurs illustres ou anonymes hôtes. Ce livre fut mon guide.

Aujourd’hui, j’ai terminé provisoirement mon chemin, guidé par Nathalie. J’ai traversé couloirs, galeries, salons, alcôves, patios et toutes ces chambres parcourues de passions dévorantes, éphémères ou définitives parfois  on s’y suicide beaucoup), témoins d’excès en tous genres (alcools, drogues, médecines fatales, fêtes sans limites) mais aussi dernières étapes de maladies incurables de l’époque ou écrins de créations et compositions frénétiques ciselées en une comme en cent nuits d’insomnies où les dernières lignes rédigées signifiaient et emportaient parfois les dernières forces de l’auteur.

Vingt jours de voyage pour se rendre de Paris à Venise. L’époque cachait les frontières bien au delà de nos horizons. Elle encourageait les rêves de possession, exaspérait les désirs, sublimait les inspirations, exaltait les passions naissantes.

Certes, parfois, les risques pour la santé étaient présents. Contractées pendant les voyages ou objets de déplacements vers les montagnes (tuberculose par exemple), les maladies prolongeaient les séjours, rendant les retours hasardeux, voire impossibles. On mourait ma foi, quelle aventure ! Combien de désespoirs, combien de fins de routes, de suicides, mais aussi combien d’enthousiasmes, de désirs enfin comblés, de folles passions, d’étreintes brûlantes, de paroles d’amours éternelles !

Du plus luxueux au plus déshérité, ils connurent des amours torrides, les folles nuits de couples illégitimes de tous sexes.

Diapositive1

Les fantômes littéraires, de Tanger à Trébizonde, d’Italie à la Corée, n’ont pas fini de nourrir nos mémoires et d’exhaler leurs parfums d’écritures.

Aussi, séjournant dans l’un de ces hôtels, faites silence, retenez votre respiration, marchez sur la pointe des pieds, écoutez… ils sont là, derrière ces portes de chambres pour certaines devenues célèbres, ou dans ces jardins enchantés, sous ces bougainvillées, à l’ombre de ces tonnelles aux senteurs délicates…


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