« Fatherland »

Par Catherine Chahnazarian

Robert Harris, Fatherland, Juliard (1992), disponible en Pocket.

9782266071178Le contexte de ce thriller palpitant est d’une importance capitale, à la fois en raison de son originalité  (c’est même sacrément culotté) et de son rôle dans l’intrigue. C’est que l’enquête policière du Sturmbannführer Xavier March se déroule dans Berlin en 1964, sous un national-socialisme qui bat son plein. Hitler a gagné la guerre de 1939-1946, c’est bientôt son anniversaire (le Führertag) et l’ambiance est celle de l’ordre et de la soumission. Tous les ingrédients y sont : le meurtre, la confiance et la méfiance, la séduction aussi, la recherche de la vérité, le mensonge, la menace… Cette fiction, qui réécrit l’Histoire en même temps qu’elle nous en raconte une, est d’une cohérence et d’une fluidité remarquables, et les personnalités des deux personnages principaux sont nos bouées de sauvetage, à nous qui n’aimerions pas que le monde ait tourné de cette façon. Jusqu’au bout du roman, Robert Harris nous fait vibrer pour de petites et de grandes raisons. Admirable.

Ce n’est certainement pas ma dernière lecture du même auteur (cf. The ghost writer, que j’avais beaucoup aimé également).


2 réflexions sur “« Fatherland »

  1. Non, non, c’est 1964, justement… Robert Harris place son récit dans une Europe presque entièrement soumise à Hitler (seule la Suisse reste plus ou moins indépendante). Et c’est super bien fait : tout est crédible.

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