Nos lectures d’avril 2017 : Benoîte Groult et Françoise Mallet-Jorris

La réunion de ce soir est animée par Aline qui commence par présenter les biographies de Benoîte Groult et de Françoise Mallet-Jorris. Ces biographies sont rédigées par Odile.

Benoîte Groult

Benoite Groult

Fille d’un créateur de meubles renommé et d’une mère styliste de mode. La marraine de Marie Laurencin, artiste peintre, était l’amante de sa mère. Avec sa sœur, Flora, elles baignent dans une atmosphère artistique et intellectuelle où règne une certaine ouverture d’esprit et une dose de liberté de moeurs. Dans ce milieu bourgeois le mariage est la seule issue « officielle » pour une femme mais cela n’empêche pas d’avoir des amants. Benoîte Groult a eu 3 maris: le Pierre Heuyer, meurt au bout de quelques mois après le mariage. En secondes noces, elle épouse Georges de Caunes avec qui elle a deux filles. Son troisième mari, Paul Guimard, romancier et journaliste, lui donne une autre fille.

De 1984 à 1986, à la demande d’Yvette Roudy, elle est chargée de travailler à la féminisation des noms de métiers en prenant la présidence de la commission de terminologie pour la féminisation des noms de métier, de grades et des fonctions. Avec Gisèle Halimi elle manifeste en faveur de l’avortement.

Benoîte Groult fut un témoin privilégié de l’évolution des rapports entre hommes et femmes et le féminisme est la clé de lecture de ses ouvrages.

livre

François Mallet-Jorris

Francoise Mallet Joris

Fille de Suzanne Lilar, 1ère femme avocate en Belgique, et du ministre Albert Lilar, Françoise a vécu dans un milieu bourgeois aisé. Après 3 mariages et 4 enfants, elle a été en couple avec la chanteuse Marie-Paule Belle sans rien cacher de cette relation homosexuelle.

Elle se fait connaître avec le rempart des béguines, son premier roman. En 1971, elle est élue à l’académie Goncourt où elle siège jusqu’en 2011.


Les livres présentés

 

La part des choses, présenté par Béatrice

Neuf personnages s’embarquent sur un bâteau pour faire un tour du monde – 4 couples et un jeune homme. C’est l’occasion pour les personnages de se retrouver face à eux- mêmes sortis de leur contexte familier sur un bateau, endroit confiné qui exacerbe les tensions ou bien qui réserve une foule de surprises, notamment lors des escales.
Est-ce que ce voyage sera une simple parenthèse dans la vie des personnages, une mise au point ou alors l’occasion d’aspirer à une autre vie ?  Quel va être alors leur destin à l‘issu de ce périple ? Chaque personne qui entreprend ce tour du monde caresse l’espoir de trouver ou de retrouver des raisons de vivre, de panser certaines plaies.

Les 4 couples se connaissent se connaissent entre eux et nourrissent des liens amicaux. Parmi eux, Marion et Yves forment un couple arrivé à l’âge où l’on fait la part des choses. Marion consignera dans une sorte de carnet de bord la vie à bord en transcrivant les espoirs et les angoisses des passagers.

 

Histoire d’une évasion, présenté par Catherine

Benoîte Groult nous fait comprendre l’évolution de la condition féminine de l’après-guerre, elle nous fait comprendre l’univers de nos mères et nos grand-mères. Ce roman nous aide à réfléchir à notre condition de femme. Très utile aussi pour les hommes qui veulent comprendre les femmes et en tant que guide pour les couples.

 

 

 

Ainsi soit-elle, présenté par Aline

Dans un monde dominé par les hommes, Il faut que les femmes poussent un cri de vie. Il est urgent de guérir d’avoir été élevée comme une femme dans un univers d’hommes.

 

 

 

 

Le rempart des béguines, présenté par Agnès

Jeune adolescente de 15 ans, Hélène est la fille unique d’un notable d’une ville de province belge. Mais cette jeune fille s’ennuie ferme. Un jour que son père lui demande de téléphoner à sa maîtresse, la jeune Hélène décide de se rendre chez elle, histoire de voir à quoi ressemble l’amie de son père. Cette rencontre va bouleverser notre adolescente qui va nouer une relation amoureuse avec cette femme, à la fois tendre et séduisante, à la fois manipulatrice et violente. C’est une sorte d’éducation sentimentale. Hélène pénètre dans un monde qui n’est pas le sien et dont elle ignore tout. Elle se retrouvera entraînée dans des soirées « particulières » qui se déroulent dans des quartiers douteux.

Lors de la parution de son premier roman, Françoise Mallet-Joris est alors âgée de 21 ans. Le roman tourne autour de l’amour entre deux femmes, du plaisir que prend la jeune Hélène à s’initier aux choses de l’amour dans les bras de cette femme.  Pour un lecteur de 2017, le livre n’a pas grand-chose de sulfureux :  il n’y a pas grand-chose. Pas de description, pas d’érotisme, pas de scène de séduction. Il y a d’autres thèmes dans ce livre : une adolescente en quête d’identité. Les héros coupent les chaînes de la bienséance et de la morale sociétale. Tout vole en éclats : plus de complexe, plus de limites, plus de mariage… Le mariage lui est relégué à sa fonction de protection sociale pour la femme. Surtout pas d’engagement irrévocable.

Le rempart des béguines est non seulement le nom de la rue où habite Tamara, c’est également le nom d’une communauté religieuse où on entrait sans prononcer de vœux perpétuels.

 

La maison de papier, présenté par Maguy

Cette maison ressemble un peu à une maison japonaise car elle est mal fermée. Un couple y vit avec 4 enfants. C’est une sorte d’arche de Noé où tout le monde va et vient. Le mari est peintre, la femme est écrivain. On rencontre chez eux des amis, des voisins, des inconnus, des « employées de maison ». Ce sont les enfants qui tiennent cependant la première place, et le permanent dialogue qu’ils entretiennent avec leur mère est pour elle un moyen de préciser ses idées sur tous les problèmes de la vie. « Faire une famille, dit-elle, c’est faire une oeuvre. » Et le dialogue sert de moyen d’éducation.

Brigitte ajoute que ce roman démontre l’évolution de notre société.

 

Le rire de Laura présenté par Annie-France

Laura s’enfuit avec son fils, Martin, à Strasbourg où elle se réfugie dans un hôtel, après ce qui semble une tentative de suicide de ce garçon. Pendant 3 jours, Laura va tenter de comprendre son fils et discuter avec lui. Elle tente de créer un lien avec lui. Martin a quitté le domicile familial pour se consacrer à la musique. C’est alors qu’il rencontre un professeur, Marc-André, qui rêve de créer une communauté idéale composée de jeunes. Mais Martin semble créer les problèmes autour de lui, avec Ophélie et Marc-André.

Ce roman tourne autour de 4 personnages : Laura, son mari, Théo, brillant chirurgien, Martin et Marc-André, le professeur et amoureux de Martin.

Au final, Laura comprendra que la vie doit s’accepter comme elle se présente et cette acceptation lui arrache un rire déchirant et tragique.

 

La tristesse du cerf-volant présenté par Brigitte  

Ce roman se déroule dans le Nord, à Lille et dans le bassin minier. Il s’agit d’une saga familiale sur trois générations entre 1900 et 1974. Mais la construction temporelle est éclatée, ce qui peut rebuter le lecteur.

En quelques mots, la famille Corbin achète le vestige d’un château qui est composé d’une tour flanquée d’un escalier en spirale. Les enfants, Chris et Clara sont soudés au point de ne faire qu’une seule entité. Ils sont beaux et intelligents. Mais les enfants sont relégués par les parents dans cette tour avec une servante pour s’occuper d’eux. L’amour entre le frère et la sœur ne se démentira jamais. C’est un lien possessif. Suite à une enfance solitaire, Clara ne supporte pas que Chris lui échappe. Chris, de son côté, réagit comme un prisonnier consentant pourvu qu’il puisse peindre et manger… Un amateur d’art découvre le travail de Chris et tombe amoureux à la fois de sa peinture et du jeune homme. C’est là que le « malheur » va se mettre en marche. Chris va partir à Paris avec son mécène et il sera tiraillé en permanence entre son amant et sa sœur. Clara met au monde une fille, Marianne laquelle aura à son tour deux autres filles qui auront des destins compliqués. Et puis la grande histoire va se mêler à la petite histoire avec la 2nde guerre mondiale qui éclate : Chris va entrer dans la résistance et la vie se complique pour l’amateur d’art qui est juif.

C’est un livre qui traite à la fois de la folie, de la poésie, de la passion. Le style est flamboyant et évocateur. Il n’y a pas de demi-mesure. C’est une sorte de maelström dévastateur.

Vous pouvez retrouver la critique complète de Brigitte sur ce roman.


En raison du peu de participants à la réunion de ce soir (vacances obligent), il n’est pas possible d’aborder le sujet des 20 ans du café qui se dérouleront le 15 octobre 2017.

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