Nos lectures de mai 2017 : Biographies, autobiographies et souvenirs

La réunion de ce 11 mai était animée par Dominique.


Les livres présentés

 

Souvenirs pieux, Archives du Nord et Qui ? L’éternité,
présentés par Catherine

   

Marguerite Yourcenar effectue une recherche sur ses ancêtres, recherches qu’elle a compilées dans un triptyque qui s’intitule le Labyrinthe du monde, composé de trois ouvrages : Le souvenir pieux (1970), Archives du Nord (1977) et Quoi ? L’éternité.

Souvenir pieux évoque la mort, notamment celle de sa mère, voire un peu trop selon certains critiques. Un souvenir pieux c’était autrefois une image pieuse qu’on distribuait aux personnes qui avaient assisté à un enterrement. Derrière cette image étaient imprimées quelques phrases pour évoquer la personne. Et derrière l’une de ces images pieuses à l’occasion de l’enterrement de la mère de M. Yourcenar, le père avait écrit : « il ne faut pas pleurer parce que cela n’est plus. Il faut sourire parce que cela a été ».

Des personnages ressortent de ces deux livres : la grand-mère Noémie, maîtresse femme avec beaucoup d’aisance. Michel, le fils et père de Marguerite, qui va être un enfant rebelle et fugueur. Marguerite Yourcenar a bénéficié d’une très bonne éducation à la maison. Elle va devenir quelqu’un de très cultivé, pratiquant les lettres classiques, s’intéressant aux philosophes grecs. Archives du Nord se termine par son arrivée au Mont Noir. Elle gardera toujours cette distance avec la vie, mais elle reste près de la nature, sensible aux gens et très ouverte au monde. Il y aurait encore tant de choses à dire…

 

Elsa Triolet, résenté par Lysiane

Quand Elsa Triolet rencontre Aragon en 1928, elle a 32 ans. Elle est née à Moscou en 1896 d’une mère pianiste et d’un père avocat juif qui n’a jamais pu plaider parce que de confession juive. Elle est très proche de sa sœur Lili, son aînée de 5 ans qui est une rousse séductrice avec de nombreux soupirants. Elsa éprouve parfois de l’amertume vis-à-vis de cette sœur qui attire les soupirants et l’admiration. Elsa aura l’impression d’être mal aimée et sera habitée par un fort sentiment de solitude. Son manque de confiance en elle est-il dû à sa proximité avec une sœur mise sur un piédestal par tous ? Même si elle a conscience de sa valeur, elle souffre d’un manque de reconnaissance.

Elle suit des études aux Beaux-Arts et à l’institut d’architecture en 1915. Elle va alors rencontrer Maïakovski qui tombera amoureux de sa soeur Lili. En 1917, elle rencontre un officier français de 6 ans son aîné, André Triolet, qu’elle épousera 2 ans plus tard. Ils se séparent en 1921 mais ils resteront bons amis. Un événement grave se produit à ce moment-là (un avortement difficile ?) et elle restera stérile. Ils partent un an à Tahiti où elle écrit « A Tahiti » en russe. C’est une collection de textes courts. Ses trois premières œuvres sont rédigées en russe. Après sa séparation, elle traverse une période d’errance à Londres, à Berlin, à Paris… Elle pensait que trop de choses la séparait de la Russie qui avait tant souffert alors qu’elle séjournait tranquillement à Tahiti.

Il est étonnant qu’Elsa Triolet ait choisi de vivre en France alors qu’elle était profondément amoureuse de la langue russe. Elle rencontre Aragon à la Coupole en 1928. On lui a toujours reproché d’avoir attiré Aragon vers le parti communiste alors qu’il avait sa carte du parti depuis deux ans au moment de leur rencontre. Ils vont mener une vie de militants et de résistants pendant la guerre.

 

Erasme, présenté par Agnès

Ce livre a été écrit en 1935 alors que Zweig est au faîte de sa gloire. Zweig voit se profiler sur son pays, l’Autriche, l’ombre hitlérienne. Ce qui donne une dimension tragique à cet ouvrage. C’est bien sûr une biographie sur le célèbre humaniste qui met l’accent sur l’idéal de tolérance d’Erasme qui s’opposera au fanatisme sous toutes ses formes : religieux, national ou philosophique.

 

Né à Rotterdam vers 1465 (?), il est le fils illégitime d’un prêtre et d’une fille de médecin. Il prononcera ses vœux en 1492 dans un couvent de Steyn. Mais l’Evêque de Cambrai invitera Erasme à le suivre dans ses voyages en tant que secrétaire. Ainsi il va parcourir l’Europe et découvrir notamment les humanistes anglais à Londres. Il se fixe à Bâle qu’il ne quittera que de façon épisodique. Il finit par renoncer à sa carrière d’ecclésiastique pour se consacrer à ses études philosophiques et humanistes. C’est ainsi qu’il rencontre les savants de toute l’Europe.

Erasme adopte une attitude très critique envers l’Eglise. Cependant il refusera de suivre les Protestants menés par Luther parce que notre Erasme refuse de prendre parti pour ou contre l’Eglise. Il faut dire qu’à l’époque de l’Inquisition, il convient de rester prudent.

Erasme est un personnage particulièrement intéressant, à plusieurs titres. Outre l’humaniste et le philosophe que nous connaissons, il est animé d’une soif de connaissances qu’il n’arrive pas à satisfaire.

Ce qui m’a particulièrement interpelée, c’est qu’Erasme fut un Européen convaincu avant l’heure. Pour lui la mission de l’Européen était d’insister sur ce qui relie et unit les peuples, d’affirmer la prépondérance de l’Européen sur le national, de l’humanité sur la patrie.

 

La démesure, présenté par Maguy

C’est l’histoire d’une enfance soumise à la violence d’un père. Lorsque Céline a environ 2 ans et demi, on vient livrer un piano chez elle. Et son père lui annonce tout de go : « c’est pour toi ». Il met en place un système de gommettes colorées pour l’habituer aux touches du piano et identifier les notes. A 4 ans, elle passe déjà entre 4 et 5 heures par jour au piano. Elle manque parfois l’école parce que son père l’oblige à jouer de la musique. Et si elle fait une fausse note, elle est punie. Elle doit se déshabiller pour recevoir des coups de ceinture ou bien il lui arrive d’être privée de nourriture.

Le père rêvait que sa fille devienne une pianiste « hors norme ». Elle a travaillé avec des grands professeurs de piano qui n’étaient pas au courant de sa situation et qui l’ont préparée à des concours. Elle n’avait pourtant qu’une idée en tête, c’était s’évader, avoir des amis…Elle gardait un peu d’argent dans une chaussette, des barrettes pour éventuellement ouvrir des portes au cas où elle serait séquestrée et une lampe de poche. Sa mère était en adoration devant son mari et se montrait incapable de s’opposer à lui quant à l’éducation de leur fille.

Elle devient anorexique, pensant ainsi attirer l’attention sur elle. Elle a fini par montrer ses hématomes à la direction de son école. Une assistante sociale s’occupe d’elle et le juge condamne son père à deux ans de prison avec sursis. Suite à ce jugement, Céline est placée dans des foyers avec des jeunes qui avaient commis des larcins. Au bout de quelque temps, le juge l’autorise à rentrer chez elle le week-end. Le père veut alors lui faire faire des maths à outrance. Sitôt après le bac, elle suit des études de médecine. Elle est maintenant médecin et joue du piano pour son plaisir. Elle déclare : « je voudrais que la maltraitance faite aux enfants soit déclarée grande cause nationale pour que chaque citoyen prenne la mesure de ce problème ».

 

Mémoires d’outre-mère, présenté par Brigitte

Il convient ici d’apprécier le double sens du mot « outre-mère » puisqu’il s’agit de sa mère et de l’outre-mer puisqu’il est né en Algérie.  La première partie du livre est consacrée à ses souvenirs d’enfance et en particulier à ses rapports avec sa mère qui était quelqu’un de « pas très ordinaire ». Blessures, lésions, difficultés à se construire adulte quand on a connu une enfance traumatisante, Guy Bedos n’est évidemment ni le premier ni le seul à en faire le sujet d’un livre exutoire. Il évoque son enfance outre-mer avec une certaine tendresse.

Sa mère est une figure d’anthologie, du genre Folcoche qui maltraite et le fils et le mari. Elle va quitter son époux en lui interdisant de revoir son fils. Elle se met en ménage avec une espèce de soudard qui la bat. L’enfant est placé à la campagne. A l’automne 1950, le couple quitte l’Algérie en emmenant le jeune Guy. L’intégration sera difficile. L’adolescent se meurt d’ennui dans ce pays qui ne présente aucun intérêt à ses yeux et il sombre dans une grave dépression qui le mènera aux portes du suicide. Il n’en sortira qu’en faisant du théâtre sur ordonnance médicale. Commence alors la saga Guy Bedos que nous connaissons tous, traversée par de nombreuses grandes figures : Jean-Lou Dabadie, Yves Robert, Sophie Daumier … jusqu’à François Mitterand dont il fut l’ami presque intime, ainsi que de Michel Rocard.

La seconde partie du livre est presque un peu trop « people » pour nous intéresser. Même dans cette seconde partie, l’ombre de la mère plane et reste omniprésente. Il dit avoir exercé vis-à-vis d’elle son droit de réponse en en faisant un personnage de comédie burlesque qui traverse ses sketches et ses films.

Retrouvez la critique complète de Brigitte par ici.

 

Comédie française, présenté par Pierre

Dans ce livre, Lucchini mêle des éléments d’autobiographie, des souvenirs d’enfance et des réflexions sur le théâtre ou plutôt comment lire de grands textes : La Fontaine, Nietzche, Rimbaud et Céline… C’est le récit d’une vie placée sous le signe de la littérature. Il y a 8 chapitres entrecoupés par une sorte de journal intime. Lucchini y raconte ses séjours dans différents coins d’Europe et ses rencontres avec des personnages comme François Hollande et Séglène Royal, par hasard Besancenot et Brigitte et Emmanuel M…

Le chapitre 1 parle d’une rencontre avec Ono Dit Bio qui était alors directeur adjoint du Point, au sujet d’un numéro consacré à La Fontaine. Le chapitre est centré sur l’efficacité de la langue de La Fontaine au travers de différentes fables et de là un rapprochement avec Molière, notamment « Les Fâcheux ».

Le chapitre 2 est vraiment autobiographique. C’est le récit de son enfance, une enfance pauvre dans le quartier de la Goutte d’Or du côté de Montmartre comme fils d’immigrés italiens. Sa mère était fille de l’assistance publique et son père était devenu fou après la guerre. Il avait deux frères, mais pas de liens avec eux. Il fait partie de la bande de gosses du quartier des Abbesses. Il accompagne ses parents pour vendre des fruits et légumes et il découvre les quartiers chics de Montmartre. Alors qu’il a 14 ans, sa mère trouve une annonce pour un apprenti coiffeur dans un salon très chic avenue Matignon à Paris. Lucchini décrit alors le parcours du bus 80 comme un parcours initiatique qui part des quartiers modestes de Montmartre pour aller vers les beaux quartiers de Paris.

C’est au salon qu’on lui conseille de remplacer son prénom Robert qui sonne trop populaire par Fabrice. Son côté « intello » lui vaut quelques « vacheries » de la part des collègues coiffeurs. Dans une autre partie du livre, il explique son admiration pour Céline, pas tant pour le personnage qu’il considère comme peu recommandable, mais pour la langue de ses romans. En 1985, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud vont lui demander d’interpréter Céline par des lectures publiques. Le spectacle marchera si bien qu’il le jouera un peu plus de mille fois. Il revient ensuite sur l’expérience du théâtre qu’il découvre à l’âge de 20 ans. Il entre dans le cours de Jean Laurent Cochet et découvre le répertoire des Classiques et particulièrement le travail de la première scène du Misanthrope.

On voit dans ce livre toutes les facettes de Fabrice Lucchini, apprécié par les uns, insupportable pour les autres. Il invite le lecteur à relire ou à lire les grands textes comme La Fontaine et Rimbaud.

 

Marx et la poupée, présenté par Annie-france

Ce premier roman vient de recevoir le Goncourt du premier roman. C’est un livre poétique et touchant. Une jeune iranienne de 37 ans revient sur son enfance. Sa mère, enceinte de 7 mois, veut participer aux manifestations de la révolution en Iran. De peur des représailles, elle se jette par la fenêtre du 2nd étage. Elle en sort indemne, le bébé aussi. La petite fille va s’appeler Maryam.
Les parents sont des militants communistes dans un Iran post Khomeiny. La situation devenant trop dangereuse, le père part en France en premier. Mais avant de quitter le pays, on oblige la petite fille à donner tous ses jouets aux enfants pauvres. Ceci afin de lui apprendre à bannir l’esprit de propriété. Quant aux parents, ils enterrent leurs livres « subversifs ». La fillette et sa mère rejoindront le père au bout un an plus tard.
La famille s’installe dans le 18ème arrondissement de Paris. Sans connaître un mot de français, elle est envoyée à l’école où elle refuse de parler et de jouer. Elle va faire la grève de la faim parce qu’elle n’aime pas les repas de la cantine. Vivant mal cette barrière linguistique, elle va « avaler sa langue » : elle ne parle plus persan puisque personne ne comprend cette langue et elle refuse de parler français tant que les mots ne sortent pas de sa bouche de façon fluide. Pour finir, elle va rejeter sa langue natale. Le livre est divisé en trois parties que l’auteur appelle trois naissances. Elle finit par accepter d’avoir une double culture. L’auteur a une écriture poétique avec de très belles images.

 

Winston Churchill, présenté par Michel

L’auteur est professeur d’histoire contemporaine à Oxford et il rédige des rubriques dans Le Point. On connaît peu Churchill avant et après la 2nde guerre mondiale. L’auteur illustre son histoire de beaucoup d’humour et d’anecdotes, dont certaines sont tout à fait d’actualité. Churchill a été marqué toute sa vie par l’argent dont il avait un grand besoin pour entretenir son domaine. Il a également été marqué par la littérature qui lui a permis, à travers ses livres, d’assurer l’entretien de cette maison.

Churchill est né à Woodstock où il repose avec sa famille qui était propriétaire du château de Blenheim. Il a eu une préceptrice qui s’appelait Mme Everest grâce à qui il a fait des études. Mais il s’intéressait beaucoup plus à ses timbres postes ou à ses vers à soie ou encore à ses soldats de plomb (il en avant 1500). Il a toujours eu une mémoire prodigieuse. Adolescent, il était capable de réciter 1200 vers sans se tromper. Il a raté l’examen d’entrée à l’académie militaire trois fois avant de pouvoir y entrer. Il s’est alors immédiatement intéressé à tout ce qui était armement.

Ce livre est absolument passionnant. Malgré ses 600 pages, il se lit très facilement. Sur les livres, Churchill a écrit quelque chose pour notre Café littéraire : « Si vous ne pouvez lire tous vos livres, au moins touchez-les. Ou plutôt, cajolez-les. Laissez s’ouvrir où bon leur semble. Lisez la première phrase qui vous attire l’œil. Replacez-les sur leur étagère de vos propres mains. Disposez-les selon votre plan personnel. Ainsi, même si vous ne savez pas ce qu’ils contiennent, vous saurez au moins où ils sont. Qu’ils soient vos meilleurs amis, qu’ils soient en tout cas vos familiers ». Churchill a eu le prix Nobel de littérature en 1953 pour les 7 volumes qu’il avait écrits sur la seconde guerre mondiale.

 

Plus tard je serais un enfant, intervention de Jacqueline

J’ai lu avec beaucoup de plaisir le livre d’Eric-Emmanuel Schmitt : « Plus tard je serai un enfant ». L’auteur est d’une nature bienveillante. Dans cet ouvrage, il rend hommage à sa famille. Surtout à son grand-père qui était artisan joaillier ciseleur. Schmitt cisèle ses phrases comme son grand-père les bijoux. C’est une véritable mise en musique des phrases.

 

Manet et le secret, Etre ici est une splendeur et Courir,
présentés par Dominique

 

               

Dominique présente trois livres pour comparer les méthodes de biographie. Il y a le livre dont nous a parlé Michel, le type de biographie exhaustive sur la base de documents, d’entretiens et d’archives. Il y a également les biographies « emballées » : des biographies sur fond d’histoire avec un titre accrocheur, par exemple je pense à Manet, le secret de Sophie Chauveau qui nous rapporte la vie de Manet sur fond d’histoire. On se passionne pour la vie de Manet qui a apporté à la peinture sa rupture avec la peinture académique.

Dans Etre ici est une splendeur, Marie Darrieussecq s’empare de la vie de Paula Modersohn Becker qu’elle considère comme une sœur. Elles sont toutes les deux jeunes femmes, jeunes mères de famille. Elles ont une vie devant soi et que peut-on faire quand on a une vie devant soi alors qu’on perd un enfant ? La méthode de biographie ici s’inspire des journaux des différentes personnes qui ont entouré Paula. Mais ces journaux ne disent pas tout, et c’est là qu’intervient l’auteur. La méthode consiste à rechercher les traces et à montrer ce qu’on perçoit.

Courir de Jean Echenoz retrace la vie d’Emil Zatopek, le coureur tchèque. Mais est-ce vraiment sa vie ? Car la mention roman figure sur le livre. Ce n’est pas ici un récit exhaustif de toute la vie de Zatopek. L’auteur concède qu’il s’est basé sur la presse pour écrire ce livre. Mais il en fait une œuvre autonome. L’intérêt de ce livre repose sur l’écriture d’Echenoz. Pour parler de son héros, il utilise un style très détaché. Par le jeu de l’écriture, ce livre qui aurait pu être une autobiographie n’en est pas une.

 


Discussion

 

Jacques Geesen prend la parole : Annie-France m’a indiqué qu’il y avait quelqu’un qui s’intéressait à la façon dont on écrivait des biographies et des autobiographies. Sans doute parce que moi-même, j’ai écrit deux livres dans ce genre, je pense qu’il est très difficile de raconter une histoire d’un personnage du 19ème siècle avec des mots d’aujourd’hui. Je retrouve dans ce qui vient d’être dit ici beaucoup de choses que j’ai vécues moi-même quand j’ai écrit mes livres. Donc, j’ai l’adresse de quelqu’un dont le métier est d’apprendre aux gens à écrire des biographies, des autobiographies.

Odile intervient. Pour elle les biographies, même si elles sont intéressantes, elles sont toujours sujettes à caution. Parce que, suivant la personnalité du biographe, il développe une partie de la personnalité à son gré en ignorant le reste. Une autre chose la trouble avec les autobiographies qui mettent bout à bout des choses qui ne correspondent pas non plus à la réalité car on ne parle pas du temps, de l’espace, qu’il y a entre chaque événement.

Brigitte partage le sentiment d’Odile pour la biographie. Un biographe a toujours tendance à projeter son point de vue, c’est-à-dire qu’il s’intéresse à un certain aspect de la personnalité de celui dont il écrit la biographie. Par contre, pour l’autobiographie, l’exercice est d’autant plus intéressant que le point de vue est subjectif.

Odile souligne que le souci est le non-respect du déroulement du temps dans une autobiographie.

Brigitte explique qu’elle s’est pas mal servie de sa vie pour nourrir ses écrits et elle s’est efforcée de ne traiter que certaines époques dans chacun de ses livres. Pour que l’autobiographie devienne vraiment un livre, il faut une énorme somme de réécriture sinon ce n’est pas un livre. Tout au plus un journal intime avec un intérêt très limité. J’ai écrit à partir de mes journaux, mais il y a des années de réécriture. SI on arrive à dépasser le « pour moi » et à écrire pour les autres, pour témoigner de quelque chose. Alors on arrive à faire un livre qui délivre soi-même d’un passé parfois lourd. Brigitte témoigne qu’elle n’a pu faire la paix avec certaines périodes de son passé que quand ses deux livres autobiographiques ont été publiés. A ce moment-là, le livre devient un objet livre, quelque chose pour lequel on s’est efforcé d’écrire. On a pris de la distance. On n’écrit plus pour soi mais pour les autres.

 

Annie-France propose à Jacques Geesen de faire une intervention en septembre pour parler à la fois de la biographie qu’il a rédigée et pour la biographie de l’abbé des Anges.

Jacques Geesen précise qu’une fois que le livre est paru, on est délivré et on livre. Le livre appartient aux autres une fois qu’il est écrit. Cela devient un objet partagé.

livre

Annie-France propose de laisser « carte blanche » à Jacques Geesen en septembre. Pour des raisons d’exercice comptable, l’AG se tiendra en janvier 2018. En attendant le mois de septembre, on peut aller écouter M. Geesen le 31 mai prochain qui interviendra devant l’ordre des avocats de Lille pour présenter son livre sur cet avocat prêtre.

La réunion d’octobre sera proche de l’anniversaire des 20 ans du café et la réunion d’octobre sera sans doute l’occasion d’ajustements à faire pour cette manifestation.

Annie-France distribue aux membres du café un livre pour que tout le monde ait lu d’ici à octobre le même livre. Elle a choisi un livre qui figurait parmi les finalistes du prix du Marais.

Pierre parle de « la vie sexuelle de Kant » par Jean-Baptiste Botul. C’était un canular monté par deux professeurs de Lille 3, inventant le personnage de J.B. Botul. Ca a très bien marché au point que certaines personnalités, comme BHL, y ont cru. Il y a eu également un autre livre qui s’appelait « Descartes et le cannabis », voulant montrer que Descartes s’était réfugié en Hollande pour fumer des joints.

Lysiane demande l’avis des membres du café pour le restaurant le dimanche 15 octobre au soir. Ce sera « les Vedettes », avenue de la République à Lambersart. Le prix du menu sera de 30€ tout compris.

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