Nos lectures de juin 2017 : Les écrivains des grands espaces

Dernier Café littéraire de l’année, on retrouve les réunions en septembre. D’ici là, chroniques, critiques, articles et informations sur les 20 ans du café continuent !

 


Les livres présentés

 

Mille femmes blanches, présenté par Aline

Mille femmes blanches - Jim fergus
Point de départ historique : le chef Cheyenne Little Wolf propose au président Grant d’échanger 1000 femmes blanches contre 1000 chevaux (animaux précieux). Le projet ne verra pas le jour.

Brides for Indiens est mis en œuvre dans le roman dont la plus grande partie est constituée par le récit de May Dodd. Découverte, après un long trajet en train(s), d’un pays magnifique où Homme et nature vivent en harmonie. Dans son journal May, qui épouse Little Wolf, tombe amoureuse de ce peuple « démocratique et tolérant ». Mais cela se termine mal : massacre de la tribu. Seules deux femmes blanches survivent… (ce qui permet à Fergus d’écrire une suite (La vengeance des mères, 2016). Les blancs ne tiennent pas leurs promesses : il faut des terres riches pour les pionniers, plus la ruée vers l’or (contexte historique).

Les grands espaces pour voir plus loin que l’aspect « touristique » : invitation à respecter la nature et les gens qui vivent autrement…

 

La route, présenté par Aline

La route Mccarthy

Un livre magnifique mais noir, dans une belle traduction.

La route ne traverse pas les « grands espaces » verdoyants mais un pays gris, noir, les cendres recouvrent tout, colorent la neige, la pluie qui tombe dans un hiver glacial (récit apocalyptique).

L’homme et le petit, dont on ne sait rien et qui ne sont jamais nommés, marchent vers le Sud, la mer (paradis perdu?), poussant un méchant caddy chargé de tout ce qui peut les aider à survivre : matériaux, couvertures, bâches-plastique et nourriture quand il s’en trouve dans les villes/maisons dévastées.

La vie a quasiment disparu : quelques humains errants, les « gentils », traqués par les « méchants » qui ont perdu toute humanité (violence, cannibalisme).
Y a-t-il un avenir ? Après la mort du père, le fils pourra-t-il poursuivre sa route ?

Autres lectures possibles :

  • un conte/fable: cf la composition : 2 héros, une écriture forte.
  • quête d’un paradis perduà quand ils arrivent à la mer, elle est aussi noire et tempétueuse que la route…
  • relations père-fils. L’homme éduque son fils par l’exemple : ne jamais perdre son cap (le sud, la mer), par le dialogue (les échanges réduits au plus simple, la méthode Coué: leitmotiv « ça va aller ». Les valeurs : Bien/Mal (gentils /méchants), avec qqs concessions quand elles s’imposent (pour la survie dans le roman)
  • portée philosophique: métaphore de la condition humaine, cf Sisyphe et son rocher.
  • Visée écolo ? … Eviter la catastrophe… écho de plus en plus fort aujourd’hui ? cf l’actu…

 

Yeruldelgger , présentés par Annie-france et Bernard

Yeruldelgger

A-F avait prévu de nous faire découvrir la Mongolie à travers un roman policier très intéressant. Dépaysement garanti : descriptions foisonnantes des paysages et des coutumes ; c’est le livre de Ian Manook : Yeruldelgger. C’est la Mongolie l’été (le second tome évoque la Mongolie l’hiver, A-F ne l’a pas encore lu mais Lysiane l’a gagné). C’est un polar qui commence par la découverte d’une pédale qui dépasse du sol, puis en creusant on découvre une petite main et enfin une petite fille enterrée avec son vélo. Le cadre est une vaste steppe entourée de montagnes (la Mongolie) dont on découvre les traditions, la nourriture… A-F s’est servie de Aylal, une année en Mongolie de Linda Gardelle pour compléter sa documentation sur ce pays.

Mais Bernard (le petit nouveau!) a été le premier à répondre, notifiant que DH Thoreau était un de ses écrivains préférés, du coup A-F a commencé la lecture de Walden ou la vie dans les bois et lui a demandé d’intervenir au pied levé avec elle. Thoreau apparaît comme un précurseur de la Nature Writing (si importante dans l’Ouest américain. Emerson, Hillerman, Harrisson, Ehrlich, Fromm, etc.)

Thoreau n’est pas vraiment facile à lire : beaucoup de digressions, de réflexions philosophiques et des comptes d’apothicaire.

Plus faciles à lire mais s’inspirant de Thoreau : Le sage des bois de G. Picard (ed Corti) et de Lorris Murail : Douze ans, sept mois, onze jours.

A-F voulait également mentionner un écrivain-marcheur qui a créé une association pour faire « marcher » les ados en difficulté : Bernard Ollivier.

 

Une odyssée américaine, présenté par Lysiane

une odyssée américaine Harrison

« Autrefois c’était Cliff et Vivian, mais maintenant c’est fini. Sans doute qu’il faut bien commencer quelque part. Nous sommes mariés depuis trente- huit ans… Je viens de me préparer mon dernier petit déjeuner ici, à la vieille ferme. »

Ainsi commence le dernier roman de Jim Harrisson, paru alors que l’auteur a soixante-dix ans. Cliff a soixante-deux ans quand il se retrouve sur la route au volant de son vieux break Taurus  après son divorce et la vente de la ferme où il s’est échiné pendant vingt-huit ans. Les treize dernières années, sa fidèle chienne Lola l’accompagnait dans ses travaux agricoles, mais il a le chagrin de la perdre elle-aussi. Cliff emmène avec lui un puzzle des états américains dont il jette la pièce correspondant à l’état qu’il quitte. Il sort d’abord du Michigan, traverse le Wisconsin puis le Minnesota où il retrouve une de ses anciennes étudiantes Marybelle – Cliff a commencé par être professeur pendant dix ans avant d’abandonner l’enseignement pour devenir fermier – Elle lui tombe dans les bras à la fin de leur pique-nique de retrouvailles puis prend la route avec lui.

Marybelle a un solide appétit sexuel et dans un premier temps Cliff apprécie, mais la compagnie de Marybelle va bientôt lui peser beaucoup. Il la dépose à Malta dans le Montana et continue son périple. Il va traverser quinze états dont nous ne verrons pas grand-chose finalement, contrairement à ce que pouvait laisser supposer le titre et ce que nous savons de J. Harrisson, grand amoureux de nature. Ce voyage est surtout l’occasion de convoquer ses souvenirs, sa vie passée, les gens qui ont compté dans sa vie. A travers Cliff transparait la personnalité de J Harrisson, son amour de la nature, de la pêche, son épicurisme, sa truculence, ses obsessions voluptueuses, son humour aussi car Cliff tantôt désabusé et paumé, tantôt sentimental et sensuel ne s’épargne guère.

 

Le chant des pistes, présenté par Michel

Le chant des pistes Chatwin

Après une enfance à Birmingham où il poursuit de moyennes études, Bruce Chatwin se spécialise dans l’expertise des tableaux impressionnistes chez Sotheby’s mais il manque d’y perdre la vue. Il décide donc de partir au Soudan puis sur le conseil d’Eileen Gray (célèbre designer et architecte) en Patagonie, « ce monde du bout du monde ».

Il rédige Patagonia qui paraît en 1979 et ce livre connait vite un succès mondial.

Après un séjour au Bénin, il part en Australie d’où il ramènera les notes qui donneront naissance à son livre : Songlines, le chant des pistes. Cet ouvrage, qualifié souvent de meilleur livre de l’auteur, paraîtra peu de temps avant sa mort. Il fut écrit en Grèce à Kardamyli entre le mont Athos et la chaîne du Taygète, chez son ami Patrick Leigh Fermor. Décédé du sida à Nice, ses cendres y reposeraient à gauche de la chapelle sur l’une des collines dominant ce joli village côtier… mais rien n’est sûr, sa façon à lui de nous « raconter une dernière histoire, seule occupation concevable pour un être aussi inutile que lui ».

Le chant des pistes approche la civilisation aborigène par ce qu’elle a de plus sacré, le Chant. Traversé de nombreuses anecdotes savoureuses et pleines d’enseignements sur ce peuple, l’un des plus anciens peuples nomades (50 000 ans), le livre répond en partie aux questions suivantes : qu’est-ce qu’une piste chantée et comment fonctionne-t-elle ?

Les mythes aborigènes donnent une explication de l’origine du monde et ont survécu jusqu’à nos jours à travers l’initiation verbale des adolescents ayant atteint l’âge de puberté. Au commencement était le Rêve. Chaque chose, chaque homme naît avec une partie de ce rêve et une parcelle de terre. La musique lui permet de trouver son chemin dans le monde. Au bout de ce chemin, le chant ne lui appartient plus et doit être transmis afin qu’il soit continué. De multiples chants parcourent le pays en tous sens.

Aujourd’hui, le peuple Aborigène se meurt d’alcool, de maladies dues au contact des Blancs, de corruption et du vol de ses richesses culturelles par ces mêmes Blancs.

Les Anciens refusent de continuer à transmettre leur immense savoir sur la nature des choses et du vivant. Chaque visiteur, chaque lecteur est un témoin précieux pour eux. Ils nous demandent à tous de ne pas les oublier, eux qui n’ont aucune notion de technologie, d’argent, aucune notion du « monde moderne » mais qui connaissent chaque arbre du bush, chaque animal, chaque plante, chaque pierre, chaque étoile et enfin chacun d’entre nous à travers un seul regard des yeux bleus transparents de John à qui je dédie ces lignes et qui nous a quittés il y a peu pour son Rêve.

Quant à Bruce Chatwin, « ne le cherchez pas, il a plié sa tente et il est parti dans le désert, cherchant Dieu qui connaît les meilleures histoires. »

 

Un oeil qui jamais ne se ferme, présenté par Odile

un oeil qui jamais ne se ferme Al-Koni

Il s’agit d’un recueil d’aphorismes, illustré de très belles photos. Ecrivain libyen reconnu comme une figure majeure de la littérature arabophone contemporaine, Ibrahim al-Koni nous emmène dans les univers qui ont nourri son œuvre : le Sahara tout d’abord, mais également l’ensemble des relations qu’entretiennent les hommes avec le monde dans lequel ils vivent. Choisis par Hartmut Fähndrich et traduits de l’arabe par Yves Gonzalez-Quijano, ces aphorismes explorent différents thèmes : la nature, le désert, la mer, les saisons, le vent, le feu, l’arbre et la fleur, le roc. Cet itinéraire poétique est jalonné par une sélection de photographies d’Alain et Berny Sèbe.

Odile tenait à nous faire part également de ses propres souvenirs et émotions de steppe en Oubekistan, mais elle n’a pas eu le temps de les mettre en forme.

 

L’usage du monde, présenté par Catherine

L'usage du monde - Bouvier

Présenté comme un classique de la littérature de voyage, ce livre est le récit d’un voyage au sens propre, mais aussi celui d’un voyage intérieur. « Le voyage permet de sortir de soi, c’est une purge de l’âme. »

C’est l’histoire d’un périple de plus d’un an (entre 1953 et 1954) entre la Serbie et les portes de l’Inde. « Nous avions deux ans devant nous et de l’argent pour quatre mois. Le programme était vague, mais dans de pareilles affaires, l’essentiel est de partir». Les deux voyageurs, Nicolas Bouvier et son ami Thierry Vernet, vivront de leurs talents (journalisme, exposition de peinture, musique) et traverseront la Serbie, la Macédoine, la Turquie, l’Iran, l’Azerbaïdjan, l’Afghanistan, pour enfin rejoindre la faille de Khyber Pass, aux portes du Pakistan. De nombreuses rencontres et anecdotes pittoresques ponctuent ce récit. Chaque étape est une occasion nouvelle de découvrir l’Autre.

« Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu’on porte en soi, devant cette espèce d’insuffisance centrale de l’âme qu’il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr.» (dernière phrase du livre)

 

Transsibérien, présenté par Pierre

Transsibérien fernandez

Dominique Fernandez, accompagné d’une vingtaine d’écrivains, photographes, journalistes, acteurs, français et russes, embarque, au départ de Moscou, à bord du Transsibérien qui les mènera à Vladivostok. Trois semaines sur les rails.

L’auteur, véritable amoureux de la Russie, s’est fixé cependant quelques règles pour ce journal de voyage : rester vigilant, observer, s’interroger, critiquer si nécessaire. Un double objectif : décrire ce qui se passe dans les villes traversées (au gré des étapes et visites organisées, on passe d’un conservatoire de musique à une représentation du Barbier de Séville à l’Opéra d’Ekaterinbourg, on apprend que Rudolf Noureev est né dans un wagon du Transsibérien…) mais aussi ce qui se passe dans le train (différence entre les wagons de luxe et les wagons de 3e classe, dont l’inconfort soulève l’indignation de l’auteur).

Les références littéraires sont nombreuses, de Tchekhov à Dostoïevski en passant par Tolstoï et Gorki, mais aussi Soljenitsyne et quelques auteurs français comme Théophile Gautier ou Alexandre Dumas.

L’auteur sait rendre le voyage passionnant, deux carnets de photos et une carte accompagnent parfaitement le texte.

 


questions diverses

 

1- Le Café reprend le 14 et non le 7 septembre mais nous nous verrons le 2 pour la journée des associations. Le 14, Maître Jacques Geesen nous parlera de ses deux livres que nous avons déjà évoqués. Il est lomprétois et membre du Café. Le 12 octobre nous mettrons la dernière main aux préparatifs de notre anniversaire du 15 octobre (AF soutient le projet devant la commission le 14 juin à partir de 19h10)

 

2- D’ici le 15 octobre, il y a encore beaucoup à faire : toutes les bonnes volontés sont requises.
Il faudrait une personne pour contrôler et faciliter le parking de 13h à 13h30 (et plus s’il reste des places, j’irai les compter! (à moins qu’Aline le fasse lors d’une permanence de la bibliothèque du Canon d’or. Michel et Brigitte achètent les boissons et tiennent la buvette. La librairie Au temps lire sera notre libraire (seuls les livres des auteurs présents seront en vente, sinon, c’est l’occasion de commander). Aline, Nicole et Catherine dirigeront la déco (photos, affiches, dessins de Paul, tableaux de Guillaume Moisson). AF s’occupera de l’accueil (car beaucoup d’auteurs et d’éditeurs ne connaissent qu’elle, hélas). Emarger en entrant et en sortant.
Les membres du Café devraient se reconnaître à leur badge, les auteurs auront leurs noms et une couleur, les éditeurs une autre couleur, de même pour les différents acteurs de la chaîne du livre qui auront répondu à notre invitation. A l’entrée les visiteurs recevront une fiche de visite active du festival, et seront sollicités pour l’achat d’un ticket de tombola (1euro),  tous gagnants jusqu’à expiration des lots.
Il faudrait quelqu’un pour la caisse des livres d’occasion, quelqu’un pour s’occuper de l’espace intergénérationnel et un ou deux animateurs de tables rondes (AF peut le faire éventuellement, une fois l’accueil « terminé » après le passage des comédiens de Dezastrenouvô, toujours fidèles !)
Entre chaque temps fort, 5mn de repos puis scène ouverte : les auteurs pourront prendre la parole, ou des lecteurs faire part de leurs coups de cœur …

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